Pensionnat Ryuuketsu V2
Un pensionnat horrifique dans le Japon contemporain
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Chambre 00 : Sumeragi Ryogi, Tsukushi Hime

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Sumeragi Ryogi
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MessageSujet: Re: Chambre 00 : Sumeragi Ryogi, Tsukushi Hime   Dim 22 Juin - 18:46

Alors que Ryogi goûtait à une paix relative dans l'ivresse, elle entendit le craquement venant de sa porte, ce qui lui fit ouvrir un œil rond et circonspect. La seconde qui suivit, les gonds claquèrent sèchement, et voilà que la porte s'ouvrit en grand, claquant contre le mur, ce qui lui fit pousser un cri de surprise, bondissant sur le lit en lâchant sa bouteille qui roula par terre alors qu'elle se mit debout sur celui-ci, se prenant les pied dans le drap pour se retrouver couchée sur le ventre avec une rare élégance. Entra Ryômen, comme elle l'avait prévu suivit de... suivi par quelqu'un? Suivi par... Esteban! Mais... elle devait vraiment avoir trop bu. Vraiment trop bu ce soir, voilà que ça lui donnait des hallucinations.

"La Stroh ça défonce trop... j'ai des hallucinations."

Et Ryômen qui était planté là comme le grand con gauche qu'il était, avec son phrasé minable et son allure stupide. Ryogi soupira bruyamment avant de rouler sur le lit, et s'enrouler dans son drap pour tenter de se protéger de leur venue qu'elle voyait comme une invasion. Elle se tourna côté tête du lit, comme un petit asticot arrogant, ayant juste la tête qui sortait du rouleau de printemps qu'elle avait fait avec le drap.


"Euh Ryogi-sempai… écoute, je suis désolé… On l’est…"

"J'm'en fous, tirez-vous. Osef les 'scuses."


Ryogi ronchonnait, la voix un peu hésitante, montrant qu'elle était ivre. Elle s'était vraiment bourré la gueule en quelques minutes, car il ne lui avait même pas fallu le temps qu'Esteban et Ryômen ne montent pour qu'elle soit déjà totalement murgée, et bien. Cela dit, la présence d'Esteban l'énerva plus que tout. Jamais elle ne serait montée la voir normalement, jamais! C'était quoi cet truc pas dans ses habitude? Un piège, très certainement un vil piège! Ryogi ne se laisserait pas prendre.... Esteban se servait de Ryômen pour entrer dans sa chambre!


"Qu'est ce qu'tu viens fouttre ici Kougou-sama? Qu'Ryômen essaye d'me garder à la bonne j'veux bien, ou même monte pour espérer m'troncher... Mais toua, j'vois pas ce que tu fous ici... à moins qu't'essayes encore d'me faire une crasse... vouais une crasse, c'ça. Une crasse... Une crasse là... une belle."


Ryogi fulminait, emballée dans son drap comme maigre bouclier. Ca ne pouvait être que cela pour elle, qu'Esteban soit là pour lui faire un sale coup. Elle poussa un grognement animal avant d'invectiver les deux jeunes gens:

"M'nant, cassez-vous!"
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Tsuujiru Esteban
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MessageSujet: Re: Chambre 00 : Sumeragi Ryogi, Tsukushi Hime   Lun 23 Juin - 22:46

"je ne suis pas un voleur."

Esteban eut l'ironie discrète et garda son sourire sceptique pour elle.Les hommes,autant que les femmes, étaient tous des voleurs, elle était bien placée pour le savoir, tout acte était un vol selon le référentiel qu'on choisissait,mais les gens préféraient se donner l'étiquette du bien et se donner des raisons qui bien souvent n'étaient que des prétextes,lorsqu'il s'agissait de franchir la ligne qui démarquait la limite de la propriété d'un autre.

Lorsque Ryômen enfonça l'épaisse porte de la chambre de Ryogi,la jeune fille passa aussitôt devant l'adolescent, déployant son bras gauche devant le torse du jeune homme comme pour délimiter une barrière ou former un bouclier devant lui, quoi qu'il en soit, cela signifiait clairement qu'il n'avait pas intérêt à aller plus loin ou oser ne serait ce que de lever le petit doigt si Esteban ne l'avait pas convié à le faire.
Elle lança un regard dégouté en direction de la petite rédactrice en chef qui se redressa tant bien que mal sur son lit avant de s'effondrer à nouveau sur son matelas, dans un bruit sourd, comme un sac de sable mou et sans vie.Puis laissa son regard glisser furtivement vers la tableau sombre et pourtant romantique qui représentait les deux enfants qui "hantaient" le château. L'une, légèrement en retrait de l'autre, chacune semblant plongées dans une réflexion profonde et mélancolique, leurs prunelles ne quittant jamais vos yeux, ou que vous soyez placé dans la pièce.
Les narines de la hackeuse se dilatèrent légèrement dans une expiration méprisante et silencieuse.Elle soufflait pour exprimer son dédain envers ces personnes, qui un jour avaient vécu, et qui inspiraient désormais des petites malines pour faire des blagues du plus mauvais goût aux pensionnaires.Comment pouvait on seulement avoir peur d’elles, en tant que fantômes ?!Un ectoplasme était la chose la plus ridicule et aberrante qu’elle aie put considérer dans toute sa vie, mais malgré tout, son ennemie partenaire Ryogi y croyait dur comme fer.Peut être était ce là leur principale cause de conflit, leurs visions du problème différaient grandement même si elles se rejoignaient sur le fond : on leur voulait du mal, et on cherchait à les faire taire…

Esteban ignora royalement le comportement et les exclamation avinées de la naine brune, et se concentra sur la petite commode située sous la bibliothèque : chaque élève l’avait dans sa chambre cette commode, un petit meuble semblable à un mini-bar, où l’on pouvait trouver de quoi agrémenter les plateaux repas que les privilégiés se faisaient servir dans leur dortoir.Sucre, thé, poivre, sel,chocolat, et dans le cas de Ryogi , alcool, cigarettes, sachets emballant des produits suspects cachés dans des boites de pilules..
La jeune femme se saisit de la salière et d’un grand verre aux bords épais, ainsi qu’une petite bouteille d’eau tiède qui avait du résider là durant plus d’un an.
Ryômen n’eut pas le temps, ou bien juste l’intelligence, de ne pas terminer une phrase qui impliquait Esteban, et la rédactrice le coupa net, sans véritable force, plus comme un chien vieux et affaibli, las de voir tourner autour de lui des chiots prétendant à son titre.Comment osait elle se murger comme ça alors qu’elle criait à tort et à travers que quelqu’un ou quelque chose était sur le point de les tuer toues les deux ?!

Esteban remplit le verre d’eau à moitié en crachant sa colère dans un grognement retenu, puis versa la totalité de la salière dans le contenant.Le liquide fut vite saturé de chlorure de sodium, au point de former un véritable monticule de poudre blanche au fond du verre à whisky.Sans un mot, sans même prévenir, la battante se dirigée à grandes enjambées décidées vers le lit et le tas informe de draps qui définissait les contours de la silhouette de l’adolescente ivre morte.
"Qu'est ce qu'tu viens fouttre ici Kougou-sama? Qu'Ryômen essaye d'me garder à la bonne j'veux bien, ou même monte pour espérer m'troncher... Mais toua, j'vois pas ce que tu fous ici... à moins qu't'essayes encore d'me faire une crasse... vouais une crasse, c'ça. Une crasse... Une crasse là... une belle."

La mathématicienne leva la main droite vers le menton de Ryogi qu’elle empoigna fermement, avec grâce mais sans aucune délicatesse,entraînant le visage de l’handicapée vers le sien et la forçant à s’asseoir dans son lit.

« Ryômen,tu vas devoir être très réactif, dès que je lâche le verre tu la tires hors du lit d’accord ? »

Son visage ne bougea pas d’un cil, mais ses yeux s’ancrèrent un court instant dans le regard de l’abinos.Des yeux perturbants, sérieux, brutaux presque, mais aussi inquiets.Inquiets pour qui ?Pour elle évidemment !Mais ce n’était pas ce qu’on aurait pu croire en cet instant.

C’est alors que la glaciale manipulatrice rapprocha brutalement le verre des lèvres de Ryogi, lui imposant de boire le contenu avec une force plus que surprenante pour son gabarit.Ryogi n’avait aucune chance d’échapper à la sentence d’Esteban , en effet, Esteban n’avait pas seulement de la force, elle avait également une intelligence démoniaque, et n’hésitait pas à pincer violemment les narines de la brune de ses doigts libres afin de la forcer à ouvrir sa petite bouche de vipère dont émanait des vapeurs d’alcool immonde.Manquant de s’étouffer, et au prix de de nombreux cris et débordements de gorgées, Ryogi avala tant bien que mal le répugnant breuvage que lui avait concocté son amante de l’enfer.Un sourire sans bonheur se dessina sur les lèvres fines et douces de la métis tandis qu’elle lâcha le verre et empoigna la nuque trop maigre de la rédactrice pour la tirer hors du lit, à l’aide de Ryômen.

C’est sans grande surprise ni attente que le résultat se manifesta : Ryogi commença à tressaillir sous le coup de la douleur, les relents d’alcool remontant dangereusement le long de sa gorge pour enfin ressortir.Elle vomit immédiatement, sans retenue, la tête plongée dans la corbeille que Esteban avait indiquée à Ryômen un peu plus tôt.

« Je ne comptes pas te laisser claquer sans bouger le petit doigt, immonde petit déchet de la nature. »


C’était incisif, méprisant et cruel, c’était du Esteban pur et extrême comme seule Ryogi pouvait connaitre.
Esteban calculait plus vite que d’ordinaire en cet instant, et ses pensées se révélaient par conséquent insondables.Que voulait elle vraiment en « sauvant » son ennemie d’un coma éthylique probablement mortel ?Elle seule le savait…peut être…

« Maintenant que tu as recraché jusqu’à ta bile, on va pouvoir ésperer échanger des phrases construites et sobres, sale cruche à vin sans courage. »

Esteban voyait et savait qu’une fois sobre et remise sur pied, Ryogi allait l’agresser jusqu’à lui faire jaillir le cœur de la poitrine, lui cracher sa haine et son malheur au visage sans retenue.Mais ce n’était pas le moment de la laisser s’épancher sur ses gamineries sans intérêt .
Sur ce, elle tira sèchement sur le poignet droit de Ryogi, la redressant sur ses fesses,renversa le reste de la bouteille d’eau sur sa chevelure pour la rincer de son propre vomi, et arma son bras droit derrière son épaule.
La gifle claqua sèchement et résonna longtemps jusque dans les pampilles du lustre suspendu au dessus d’eux.

« Tu me déçois à m’en faire presque pitié.Toi la madone du pensionnat, tu fuis devant un problème, tu t’épanches devant un élève lambda et tu fuis devant MOI. »

Elle recula d’un pas.

« Tu m’as mise au défi de venir te chercher, voilà chose faite.Alors tant que tu as encore tes jambes,ose au moins te lever, même si mon estime minimale envers toi est dorénavant réduite au néant initial.Leve toi et marche.
J’ai pitié de toi, vous me déçevez Sumeragi Ryogi. »


La pire insulte venant de Esteban envers elle.
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MessageSujet: Re: Chambre 00 : Sumeragi Ryogi, Tsukushi Hime   Mar 24 Juin - 17:55

La réaction ne s’était pas faite attendre, juste après son entrée pour le moins fracassante, Ryomen vit la petite brune se dresser à moitié sur son lit et retomber sur les draps aussi sec, biglant comme si se concentrer sur un point fixe ou réaliser les événements était trop dur. Pas étonnant avec la belle bouteille d’alcool qu’elle venait de laisser tomber et qui trônait maintenant sur le sol comme la promesse d’un avenir heureux, l’œil noir de son goulot tourné vers lui comme pour lui dire de foutre le camp avant de commettre l’irréparable. Sumeragi avait eu la réaction qu’il avait imaginé, et après avoir cru que les deux silhouettes qui venaient de faire irruption dans sa piaule étaient tout simplement des hallucinations, elle se roula dans son drap et leur tourna le dos, exposant la surface lisse et immaculée contrastant avec le noir foisonnant de ses cheveux. Une putain d’épave, en vérité. Même si il aimait découvrir de plus en plus des faces de Ryogi, celle-ci l’attristait. Belle combinaison de talents en fait: Manchotte, philosophe, teigne, paranoïaque et alcoolo à ses heures! Ryômen avait rarement vu une personne aussi aigrie et il avait rarement eu autant envie de l’aider de n’importe quelle manière. Dans le Salon, il avait deviné sans mal qu'elle aimait bien boire, mais pas à ce point là.

"J'm'en fous, tirez-vous. Osef les 'scuses."

"Attends, écoute au moins ce qu’on a à te…"
il fut coupé par le bras d’Esteban qui s’abattit aussitôt devant son torse comme une barrière défensive destinée à protéger Ryogi de son intrusion.

Bah, elle était gonflée tout de même, c’était elle qui lui avait demandé de défoncer la porte après tout… Il ne dit rien cependant et attendit que la belle jeune femme fut entrée plus avant dans la pièce pour faire quelques pas à son tour, observant les murs, le plafond, tous les détails qui pouvaient le renseigner sur la furie propriétaire des lieux. Malgré l’aspect imposant et glauque du tableau, qui représentait les deux jumelles, ses yeux passèrent dessus presque sans s’arrêter et Ryô reporta son attention sur Esteban qui fouillait déjà dans les meubles, y dénichant de l’eau, un verre et du sel.
Il comprit ce qu’elle allait faire au moment même où elle lui demandait de bien tenir la petite brunette et faillit protester; mais d’une part l’impératrice n’allait sûrement pas lui laisser le loisir de discuter ses ordres, de l’autre c’était nécessaire.

"Ok, j’arrive"

Poussant une sorte de soupir résigné, il prêta main forte à Tsuujiru tout en observant du coin de l’œil son regard ourlé de sentiments mêlés de manière inextricable. Il ne savait trop mettre un nom sur tous mais devinait que ça n’avait rien à voir avec l’espèce de fureur haineuse de tout à l’heure. Logique, sinon elle ne se serait jamais donnée la peine d’aller la chercher. Le jeune homme alla prendre sans attendre la corbeille que lui avait désigné Esteban et la plaça soigneusement devant Ryogi puis se redressa, dardant sur la belle hackeuse un regard qui était bien différent de tous ceux qu’il avait pu avoir jusqu’à maintenant. Aucune flatterie, aucune envie, rien qu’un regard inquisiteur. Allons bon… quelques heures à peine qu’il était arrivé à Ryuuketsu… et déjà il avait forcé la porte de la chambre d’une fille, peut-être aurait-il d’ailleurs des ennuis avec l’administration, ce qui l’importait assez peu… déjà il avait rencontré les deux personnages les plus mafieuses du lycée… et déjà il se retrouvait au beau milieu d’un triangle amoureux complexe et agaçant, ignoblement, odieusement borné! Ryogi détestait Esteban, Esteban détestait Ryogi, Ryômen aimait Ryogi et Esteban, Esteban et Ryogi détestaient Ryômen, Ryogi aimait Esteban… et maintenant il découvrait qu’Esteban, elle aussi, n’éprouvait pas que de l’indifférence et du mépris envers la furie! Mais crotte à la fin, allait-il donc falloir que ce soit lui qui se charge de tout, une tâche longue et fastidieuse pour qu’enfin il se retrouve le seul laissé pour compte? Finalement sa clairvoyance unique lui apparaissait plus en ce moment comme un fardeau.

Un horrible bruit de dégueuli lui fit baisser la tête et il regarda Ryogi tout rendre de sa Stroh tant aimée. Le jeune homme fronça cependant les sourcils, de plus en plus en entendant les paroles d’Esteban qui camouflait sa belle tentative de sauvetage honorable sous des remarques acerbes particulièrement incisives. Immonde petit déchet de la nature… sale cruche à vin sans courage… tu fuis devant un problème… et hop, le reste de l’eau sur la tête… et hop, une baffe à s’en faire mal à la main… Là, franchement, c’était exagéré, et il ne faisait aucun doute que Ryogi allait se jeter sur Esteban avec une fureur incontrôlable. La toute dernière phrase, encore plus, allait la briser…
Un peu indigné et prit de pitié, Ryômen se plaça avec une autorité qu’on ne lui connaissait pas entre Esteban et Ryogi, tant pour parler à la belle impératrice que pour empêcher la naine de l’éventrer. Il lança ensuite avec une voix un peu bizarre:


"Merde, sempai, t’es hyper dure avec elle! Laisse lui le temps de souffler! Tout le monde ne peut pas être forte ou courageuse comme toi. Ryogi t’…" OUPS. Gros blanc. Alors là, il avait failli faire une de ces conneries monumentales! Avouer tout sans même y penser et alors, il n’aurait même pas imaginé les conséquences pour le moins désastreuses de son acte! Il serra le poing, enfonçant ses ongles dans ses paumes en s’en voulant intérieurement; il débarquait comme un néophyte pour foutre le bordel dans la vie déjà passablement bordélique de Ryogi, alors autant ne pas en rajouter. Ses joues se teintèrent d’un rose très léger, à peine perceptible, qui disparut au bout d’une seconde et il se reprit dans l’instant sans que son trouble ne se soit vu, et lança: "Elle en a sûrement marre, ça doit être dur pour elle, soit un peu tolérante!"
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MessageSujet: Re: Chambre 00 : Sumeragi Ryogi, Tsukushi Hime   Lun 30 Juin - 23:31

Ryogi ne comprit rien sur le moment. Aucun acte, aucune paroles. Juste qu'elle avait un peu plus mal que tout à l'heure, mais qu'elle fut complètement impuissante à se défendre, emmailloté dans un linge comme un nourrisson sans force que sa mère avait déjà habituée à l'alcool. Elle ne pouvait soudainement plus respirer par le nez, obligée d'avaler du liquide. Elle avait l'impression de se noyer, et battait des jambes et de son unique bras dans le vide, avant de se sentir trainée du lit. Finalement, un douloureux haut-le-cour la prit, et ce fut sans surprise qu'elle cracha un flot d'humeurs alcooliques. pourtant, cela ne la sauvera pas, bien au contraire. Chaque degrés d'alcool qui sortait de son corps maigre, c'était un peu de souffrance en contrecoup en plus. Plus d'ivresse, plus de sécurité, et elle vida ses entrailles dans une corbeille sans vraiment comprendre ce qui se passait.

« Je ne comptes pas te laisser claquer sans bouger le petit doigt, immonde petit déchet de la nature. Maintenant que tu as recraché jusqu’à ta bile, on va pouvoir espérer échanger des phrases construites et sobres, sale cruche à vin sans courage. »

C'était rude, mais la gifle retentissante qui suivit le fut encore plus. Ce n'était pas la douleur physique qui était gênante, car Ryogi avait vu bien pire, mais elle subissait là la pires des humiliation, la joue rouge de la gifle, le regard fixe sur la fenêtre. Sans courage, sans courage... elle était sans courage? A contrario de se que tout le monde pensait qu'elle allait faire, la petit brune ne s'énerva pas. Son regard fuligineux resta désespérément fixe et éteint, comme si Esteban venait de réellement tuer un truc chez elle, d'éteindre à jamais quelque chose dont elle ne connaîtrait jamais la nature, la grandeur, la profondeur. Elle l'avait attendu, si longtemps. Elle l'avait attendu sans perdre patience, espérant la voir ne serait-ce que quelques secondes.

Ryogi ne s'énerva pas, ne sourit plus. Sa tête pencha étrangement sur le côté, exprimant une terrible tristesse, dont peu l'aurait imaginée capable. Ses yeux étaient totalement éteints, elle ne réagissait même plus. Attendu, elle l'avait tellement attendu, sans s'endormir, sans lâcher l'affaire. Elle avait tenu bon jusque là, elle avait survécue jusque là sans jamais se plaindre ni pleurer, même si elle souffrait. De la peine. Elle avait de la peine, à nouveau. Comme lorsque Shizuru était partie sans lui dire au revoir, sans jamais l'avoir regardée. Son cœur était à ce moment bien plus douloureux que sa joue, mais ça ne menait à rien, elle devait se rattrapper dans sa chute inexorable.

C'était la réalité. On récolte ce qu'on sème. Même pas un au revoir. Elle n'entendit pas les paroles d'Esteban, et à peine celle de Ryômen. Sa tête penchait mais cette fois-ci sur l'autre côté, alors que ses cernes étaient accentuées. Dis lui, dis lui, mais ça ne changera jamais rien. Dis lui tout ce que tu veux. Personne n'y croirait. Personne ne le prendrait en compte. Personne ne s'y intéresserait. Et Ryômen qui la protégeait contre celle qu'elle aimait et qu'elle poussait à bout parce que c'était là le seule moyen de lui montrer qu'elle l'aimait plus que tout. Un hochet la prit au ventre. Des larmes? Non, un rire.

Ryogi rejeta sa tête un arrière et ferma ses yeux qui la picotait, avant que d'éclater d'un rire méchant, seul moyen de protection contre l'horrible désespoir qui était en train de la toucher, maintenant lucide. C'était totalement absurde d'être touchée par la sollicitude d'un mec comme Ryômen, et par la gifle de cette idiote d'Esteban. Elle n'aimait personne, aucune des deux, et n'aimerait jamais personne d'autre que Shizuru. Les morts eux ne vous frappent plus. La brune à l'allure cadavérique cessa pourtant de rire comme une démente pour que son visage se couvre d'une étrange sérénité, souriant avec fatigue, mais sans colère, ni haine, ni même méchanceté. On l'aurait dit enfin libérée de sa douleur, presque bien. Elle ferma les yeux en souriant tristement, regardant la moquette, et les gouttes d'eau tomber de sa tignasse de sale gosse des rue sur le sol, en faisant des gros "ploc ploc". A un tout petit instant, elle sentit quelque chose couler de ses yeux pour faire le même bruit, mais ce fut très bref. Son visage était méconnaissable, on aurait dit une autre fille. Mais surement pas Sumeragi Ryogi.


"Partez vous deux. Partez de ce lycée, pendant qu'il est temps."


Ryogi n'avait pas la force d'essayer de camoufler la gaffe de Ryômen. A cet instant précis, elle ne ressentait plus rien du tout. Tout était fichu pour elle... de toute façon. Et en s'en rendant compte, elle se sentit étrangement apaisée. Complètement vide. Les démons de Ryuuketsu allaient surement avoir raison d'elle si elle ne se reprenait pas rapidement.


"Esteban... tu me redirai que tu es plus forte que moi quand tu aura vu la personne que tu aimes mourir dans tes bras, comme moi je l'ai vécu. Tu me redirais que tu es plus forte que moi quand tu auras perdu un bras, et qu'il te le manque pour retenir la nouvelle personne aimée. D'ici là, tais-toi, tu te couvres de honte. C'est pas ton genre."


Parler de l'absence douloureuse de Shizuru lui était à chaque fois insupportable. C'était ce qui entrainait inévitablement sa chute. Elle avait tout perdu... même son bras pour retenir Esteban, et était maintenant livrée à la pitié de Ryômen.
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MessageSujet: Re: Chambre 00 : Sumeragi Ryogi, Tsukushi Hime   Jeu 3 Juil - 18:31

[HRP: Je suis désolé de griller ton tour Esteban, mais comme tu as peut-être dû le lire dans le topic des absences, je m'en vais demain pour un mois et ceci est mon dernier jour de connexion. Par conséquent je me retire du topic pour ne pas vous bloquer toi et Ryogi, mais je serais ravi de poursuivre à mon retour si vous le désirez^^ en attendant profitez-en bien, que vous soyez belles, fraîches et bronzées quand je reviendrais!]


Ryômen était stupéfait. La petite Sumeragi avait eu exactement la réaction contraire à celle qu’il attendait, et Esteban devait être aussi surprise que lui. Oui, comment n’aurait-elle pas pu s’énerver après ce que venait de lui faire subir la belle hackeuse ? Certes, ça partait d’une bonne intention mais elle y avait été sans ménagements, aucune pincette, avec force remarques acerbes et une gifle retentissante qui, à la grande surprise du tombeur, laissa Ryogi complètement apathique, le regard vide, comme si cette claque l’avait complètement déconnectée. Les paroles de l’Impératrice semblaient l’avoir achevée; et Ryômen, en partageur involontaire du secret terrible de son cœur, comprenait atrocement bien pourquoi. On avait beau être hargneux, impétueux et terrible, aussi fort mentalement que pourrait l’être un guerrier, de voir que l’être aimé se comporte ainsi avec vous est beaucoup plus que terrassant. Impavide, trempée et immobile. Réduite au silence par sa seule volonté, telle était en ce moment Sumeragi Ryogi, la terreur du manoir; et même dans ses yeux éteints, elle paraissait passée en mode souvenir.

Le jeune homme jeta un regard indécis à Esteban, ne sachant trop que faire. Il était terriblement gêné par cette expression de pure tristesse qui se lisait sur la plus inébranlable des filles qu’il avait rencontré Mais de toute façon il n’eut pas à attendre bien longtemps, il sursauta même un peu quand Ryogi partit d’un rire hystérique, basculant la tête en arrière en projetant dans son sillage des gouttelettes d’eau scintillantes. Un rire si mécaniquement, si douloureusement horrible qu’il eut de la peine pour elle. C’est clair qu’elle ne riait pas ainsi par bonheur... Une larme, il crut en voir une, l’espace d’un instant – mais peut-être n’était-ce qu’un reflet.


"Partez vous deux. Partez de ce lycée, pendant qu'il est temps."


Ryô eut un instant de silence. Partir, il aurait dû. Il sentait, même si ce n’était qu’infime, qu’il n’avait pas vraiment sa place ici. Qu’il y avait dans ce manoir des aspects sous-jacents dangereux et qu’il en ressortirait vraiment transformé, si toutefois il en sortait. Oui, il aurait dû écouter les conseils de Ryogi et retourner à sa petite vie de province, le tombeur du quartier, doué en kyudo, stop.
Mais…
Mais quelque chose le retenait. Il avait le sentiment qu’il lui restait encore pleins de choses à voir et à faire ici. Peut-être le Pensionnat Ryuuketsu apprendrait à Esteban la révélation de son amour pour Ryogi. Peut-être sortirait-il celle-ci de la misère dans laquelle elle était. Et peut-être aussi que le Ryuuketsu ferait aimer Ryômen pour la première fois. Il était convaincu que le pensionnat lui apporterait encore bien des choses (même si il en ignorait la nature) et plus que jamais, malgré les dangers dont on l’avait mis en garde, il était déterminé à rester.


"Esteban... tu me redirai que tu es plus forte que moi quand tu aura vu la personne que tu aimes mourir dans tes bras, comme moi je l'ai vécu. Tu me redirais que tu es plus forte que moi quand tu auras perdu un bras, et qu'il te le manque pour retenir la nouvelle personne aimée. D'ici là, tais-toi, tu te couvres de honte. C'est pas ton genre."

Ces paroles lui firent l’effet d’une douche froide. Ryô détourna le regard et regarda fixement Ryogi; elle paraissait en cette instant comme vidée et apaisée. Il avait déjà pris conscience que sa vie avait dû être dure mais cette impression empirait encore à chaque instant. La personne qu’on aime mourant dans vos bras, et maintenant…

"Raaaah, c’est trop bête, merde!" fit-il brusquement, tout haut, rompant le silence en ébouriffant ses cheveux de ses deux mains et s’appuyant ensuite sur un mur en fixant résolument le sol. Mais que c’était nul et mal foutu, cette situation! Ouvrez les yeux, bon sang! Vous vous aimez toutes les deux l’une l’autre et vous vous renvoyez des piques à tour de bras. Il aurait voulu le crier sans concession, histoire que les choses soient claires, mais il savait que ça bouleverserait la situation et qu’elle risquait d’être encore plus dramatique. Pourquoi les aidait-il, au juste? Si son plan de les réunir réussissait, il se retrouverait le seul laissé pour compte. Depuis le début, il l’avait dit. Life is like a Boat… Ryogi qui se faisait gifler par la personne qu’elle aimait… Cette même personne qui partageait ses sentiments mais qui était ignorante même de son propre amour…Il leva lentement la tête et regarda Esteban.

"Ryogi-sempai a raison, Tsuujiru-sempai. Tu es toujours comme ça. Tu crois tout savoir, mais tu ne te connais pas toi-même." Il marqua une pause, puis dit finalement d’un ton neutre "Je vous laisse entre filles."

Au moment où Ryômen amorçait son mouvement pour sortir de la chambre, son regard croisa celui de Ryogi. Oui, il avait pitié d’elle; comment n’aurait-il pas pu avoir pitié quand il voyait un petit bout de femme écorchée vive par une vie de merde, sans même avoir la force de riposter ? Il avait pitié mais surtout il éprouvait pour elle, beaucoup plus que de la pitié, une immense affection. Et ça il ne pouvait rien y faire. Avec un regard pour les deux adolescentes, il sortit de la pièce, un léger soupir s’échappant de ses lèvres.

"Si vous avez besoin de moi, je serais dans ma chambre, c’est la 02. Ryogi, tu as mon numéro." Il lui jeta un dernier coup d’œil avant de disparaître derrière la porte. "Crois-le ou non… je suis désolé."
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MessageSujet: Re: Chambre 00 : Sumeragi Ryogi, Tsukushi Hime   Jeu 24 Juil - 19:57

La chambre de Ryogi fut plongée dans un silence étrange et oppressant.Les vêtements trempés de la petite brune ruisselaient en silence, une petite flaque se formait sous ses cuisses trop maigres et son corps accroupi semblait être devenu le centre de gravité du petit monde que constituait la pièce.
Esteban ne supportait pas l'idée d'être le satellite de quelqu'un ou quelque chose d'autre contre sa volonté.Ryômen et elle se retrouvaient témoins d'un spectacle pathétique et trop anormal pour être tolérable.
Jetant un rapide coup d'œil au jeune homme, elle remarqua sans problème son malaise.Son beau visage parfaitement ovale était contrit de gêne et de tristesse, transfiguré.le grand et élégant Ryômen n'était plus qu'un enfant pris sur le fait.Il avait l'expression qu'ont ces gamins qu'on surprend en train de regarder quelque chose qu'ils ne devraient pas avoir vu.

Sans un mot, elle se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur le parc.Des gouttelettes perlaient sur la vitre: vestiges de la pluie du soir, prémices de l'orage de la nuit.Ses yeux gris perle, grands ouverts, scrutaient avec intensité la nuit.Elle n'eut pas à attendre longtemps une réaction de Ryogi.La rédactrice, apathique, amorphe, seule et humiliée dans son propre domaine n'avait même plus la force ou la dignité de se relever pour défendre son honneur par son moyen favori: la violence.Elle avait sombré dans un trou trop profond pour parvenir à s'en sortir toute seule comme une grande.
Comme Alice elle avait plongé la tête la première, aidée de son amie l'ivresse et de son compagnon le désespoir, guidée par la solitude et suivie de près par la haine.Comme Alice elle semblait s'enfoncer dans un délire malsain et fatal.Le rire grave, saccadé et familier résonna comme le glas de la santé mentale de Sumeragi Ryogi.

"Esteban... tu me redirai que tu es plus forte que moi quand tu aura vu la personne que tu aimes mourir dans tes bras, comme moi je l'ai vécu. Tu me redirais que tu es plus forte que moi quand tu auras perdu un bras, et qu'il te le manque pour retenir la nouvelle personne aimée. D'ici là, tais-toi, tu te couvres de honte. C'est pas ton genre."

Esteban se retourna aussitôt,et eut un mal fou à contrôler une pulsion mauvaise.Elle se mordit la lèvre inférieure pour se contenir et ses prunelles s'assombrirent aussitôt.Les commissures de ses lèvres tremblèrent un moment, et ses narines palpitaient de plaisir.
Malgré l'effort un peu tardif, elle parvint à se maitriser garce aux années de pratique du contrôle de soi.néanmoins, le masque de gravité et de sérénité de retomba pas sur son visage métis.Un rictus amusé et prétentieux se dessinait comme une ombre sur ses lèvres serrées et ses paupières mis closes dévisageant Ryogi papillonnaient d'un air rieur et méprisant.
Ryogi avait voulu faire mal, blesser autant qu'Esteban l'avait blessée.Elle avait voulu sortir des vérités, tenter de se défendre tant bien que mal, affaiblie et tremblante, mais elle avait obtenu en grande partie l'effet inverse.
La prétention sans faille et l'ego surdimensionné de la hackeuse n'avaient pas été pris en compte par la jeune brunette.

Qu'est ec qu'elle pensait cette reine des blessés?! Si Esteban en était là ou elle en était, c'est à dire vivante, en parfaite santé, en un morceau et sans dommages, c'était grâce à son intelligence et son travail.Elle ne devait rien à la chance.Ryogi avait été assez faible ou stupide pour commettre des faux pas ainsi que des bévues, ce qui lui avait valu la perte de son bras, la naissance de sa paranoia.Et si Ryogi avait été assez stupide pour tomber dans l'illusion qu'était l'amour, elle n'avait, qu'une fois de plsu, fait preuve de stupidité bornée et de faiblesse.

Esteban ne se sentait pas du tout honteuse d'être aussi belle, bien portante, cruelle et sans remords.Elle en était fière, voire plus, elle n'avait que ce que la vie lui devait.C'est pour cela qu'elle avait eu un grand mal à ne pas rire haut et fort devant la pitoyable relance que Sumeragi avait jeté sur le sol comme ultime attaque.

La jeune femme laissa tout de même échapper un rire de nez, comme un souffle qui expirait tout son amour propre, son orgueil, et son mépris pour l'attaque de la lycéenne.

Le départ théâtral de Ryômen l'amusa plus encore.Qui était il, lui, pour lui déclarer qu'elle ne se connaissait pas elle même?Connaissait il seulement le prénom de la dernière femme qu'il avait séduite?Se rendait il compte de son incroyable complexe qui le poussait à séduire tout ce qui bougeait et s'apparentait au sexe féminin même s'il n'en avait pas les attributs?

Les deux jeunes femmes restées seules, face à face, ne daignèrent ni l'une ni l'autre commenter le départ, ou plutôt la fuite du séducteur.Elle n'échangèrent même pas un regard, d'ailleurs c'était un peu comme si il n'avait jamais été là ce garçon, cet imbécile heureux et bien trop naïf pour assister à une véritable altercation entre les deux reines de Ryuuketsu.
Esteban aurait pu compter jusqu'à mille avant que l'une d'elles n'ouvre la bouche.Elle tourna lentement autour de Ryogi, à la limite entre le loup prêt à fondre sur sa proie, et le scientifique intrigué par un sujet particulièrement intéressant.Ses ballerines foulaient le sol dans un bruit feutré et discret, et ses yeux passèrent des dorures du plafond au couvre lit souillé,puis à la bouteille d'alcool putride vidée pour enfin retomber sur la brunette.Ce n'était pas la première fois que la surdouée assistait à une beuverie désespérée de sa voisine de chambre, mais celle ci était de loin l'une des plus intrigantes.l'esprit cartésien d'Esteban fonctionnait à bon régime, cherchant une raison valable à un tel épanchement en public.Se souler seule, ou bien devant Esteban, ça n'avait rien de surprenant, mais agir de la sorte devant l'autre gigolo...

Ryogi avait l'alcool mauvais, et triste ensuite, surtout quand elle vidait plus d'une bouteille.Une fois encore, pendant un bref instant, la hackeuse eut l'insupportable sentiment de devoir s'occuper d'elle comme sa mère aurait du le faire.Elle serra les dents assez fort pour que le claquement se distingue dans le silence de la chambre, puis se reprit un peu.La jolie jeune fille avait le bout des doigts posés sur son menton et affichait une expression songeuse, concentrée et innocente.Elle avait là une occasion inespérée d'obtenir des moyens de pression, des informations et même d'écraser cette punaise de Ryogi afin de gagner du terrain sur Ryuuketsu.
C'était plus que tentant, elle le savait bien, mais au dessus de tout ça, son raisonnement scientifique demandait soudainement plus.Savoir pourquoi 'être humain le plus cruel et douloureusement blessé par la vie du manoir avait il basculé dans cet état pathétique et honteux?

Esteban fit la moue, attrapa une serviette éponge qu'elle trouva sur un monticule de vêtements entassés sur un des fauteuils, la déposa sur la petite tête brune avec une douceur modérée et posa le plat de sa main sur son crane pour éponger le surplus d'eau, elle retira ensuite très vite sa main et se redressa.Toujours garder une distance, affirmer sa place.Elle resterait debout tandis que Ryogi était au sol.

"Je ne suis pas venue sur mon beau destrier pour te sauver Ryogi.Mais je dois te confier que, au delà de l'immense déception de te voir mourir sur un coup de sang irréfléchi, je me pose une question..."

Elle baissa ses yeux acier vers la rédactrice et lui jeta un regard accusateur et méprisant.Son visage était serein,elle était sure d'elle, mais un regard expert comme seule Ryogi pouvait l'avoir, pouvait distinguer une pointe de curiosité inquiète dans son expression, et ce malgré la cruauté suintante de son attitude.

"Qu'est ce qui c'est passé ici?N'oses pas me dire que c'est ce petit entretien avec Tsukushi qui t'a mise dans cet état.Quand je pense que tu m'as fait venir jusque dans le grand salon pour , d'après tes dires "me sauver la vie" et ensuite déguerpir comme une voleuse..au fond tu devais te douter que je viendrais.On ne me met pas au défi comme tu le fais sans en subir les conséquences."

Ryogi était effrayante ainsi positionnée: accroupie, le dos vouté, le regard fatalement vide, les paupières gonflées.Tout dans son attitude donnait l'impression qu'elle était mourante, ou morte.Elle voulait abandonner la partie.Cette pensée révolta Esteban.Soit elle faisait semblait et jouait une très mauvaise comédie, tentant de faire avaler des couleuvres aussi grosses que le Shinkansen, soit elle faisait le plus mauvais choix(en avait elle fait des bons?) de sa vie.

Personne n'avait jamais assisté aux entrevues de ce genre entre Ryogi Sumeragi, la dame de Pique et Esteban Tsuujiru, le cavalier de trèfle.Dans ces moments là, à l'abri des regards, des vérités et des sincérités déconcertantes perçaient au travers des insultes et des humiliations.Il n'y avait que dans ces moments là, dont elle ne reparleraient jamais, qu'elles avançaient réellement dans leurs projets communs.

Ainsi, le ton de l'albinos changea de forme, se fit plus aigre doux et plus injonctif.Sa voix avait plus de basse et moins de guturalité.Une voix à la fois plus humaine et plus critique.

"Tu comptais mourir ce soir?Parce qu'il y a des moyens plus rapides tu sais..tu ne les connais que trop bien.Je suis sceptique...qu'est ce qui se passe dans ta tête en ce moment pour me pousser, moi, à fuir..moi que tu désires écraser de tes propres mains, moi qui suis la seule à pouvoir te suivre dans tes petites manipulations morbides..."


Elle fit quelques pas dans le chambre, et s'assit sur un très beau fauteuil, faisant face à la fois à Ryogi ainsi qu'au portrait des jumelles.

"Je n'ai effectivement pas perdu le personne que j'aime, mais tu sais très bien pourquoi..quant à toi, ton bras te manque peut être, mais je te croyais plus débrouillarde...si tu n'as plus de bras, prends une corde, demande l'aide d'autres bras...qui veut la fin se donne les moyens, tu es bien placée pour le savoir..tu es aussi Kougou que moi ici au final"
La partie "je constate etsuis humaine" était terminée pour Esteban, elle avait dit ce qu'elle avait à dire.
Sur ce, elle se maudit jusqu'à la moëlle et s'alluma une cigarette, les yeux toujours rivés ans le regard effaré et vide jusqu'aux orbites de Ryogi.
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Chambre 00 : Sumeragi Ryogi, Tsukushi Hime

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