Pensionnat Ryuuketsu V2

Un pensionnat horrifique dans le Japon contemporain
 
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 Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji

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Inuzawa Kirie

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MessageSujet: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Mer 28 Mai - 13:03



La chambre rectangulaire éclairée par une haute fenêtre à huit carreaux est dotée d'un mobilier élégant mais restant modeste. Le sol est recouvert d'un lino en simili-moquette d'une teinte bordeaux délavée. Les murs verts pâles sont couverts de boiseries sur un peu moins d'une quarantaine de centimètres.

La porte à l'ouest de la pièce donne sur du mobilier double, à savoir immédiatement au nord deux bureaux identiques avec le minimum vital. Une lampe, deux tiroirs, une chaise relativement confortable, le tout surplombé d'une petite étagère. Dans le coin de la pièce aligné avec les bureaux, un lit simple à barreaux verts et doté de rideaux blancs occupe une bonne partie de l'expace devant la fenêtre.

Le mur Est se voit accolé une coiffeuse et une armoire au but de ranger des affaires style vêtements.

La chambre étant double, le lit identique au premier se trouve dans le coin derrière la porte et, dernier détail, au dessus des deux lits une plaque à crucifix est accrochée.

La chambre se définit avec les quelques mots "élégance sobre".


Plan approximatif de la chambre


Dernière édition par Inuzawa Kirie le Dim 15 Juin - 3:05, édité 1 fois
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Okuda Yuji

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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Dim 8 Juin - 11:56

20h30 environ.
C'est en soupirant de soulagement que Yuji plaça la clé dans la serrure qui lança un cliqueti d'approbation. C'était la bonne chambre. Il l'avait enfin trouvé. Après avoir passé un peu plus de 10 minutes dans les corridors, à tourner en rond, un sens de l'orientation quasi-inexistant. Plutôt content d'avoir enfin trouvé son chemin, il préferait ne pas penser au temps qu'il mettrait à retrouver le hall. Dans un coin de son esprit flottait tout de même l'idée de se dessiner un plan, à la manière d'un enfant avec de grosses flèches rouges et où les divers vases et plantes de décoration seraient les points de repères.

Le garçon poussa la porte. Le souvenir de la première vision du manoir, puis celui du hall se mélangeaient alors avec ce qui s'offrait à lui maintenant. Depuis qu'il était arrivé, il avait perdu toute impression de réalité. Un rêve, oui, c'était un rêve. Les lieux témoignaient d'une grande richesse et d'un excellent goût en matière de décoration. Tout semblait briller, le velour donnait envie de se coucher sur les tapis, les fleurs n'attendaient que Yuji pour y plonger ses narines, les grands escaliers du hall n'avaient été bâtis que pour y voir le jeune homme sautait dessus, les dévaler en courant, les vases... Ah, non, les vases devaient être les seuls à ne pas se réjouir de sa venue. Et maintenant, une magnifique chambre, sortie tout droit d'un livre d'histoire montrant l'existence de quelques nobles d'autrefois. Le coeur du garçon battait tellement fort que le moindre bruit lui procurerait immédiatement un infarctus. Il avait complètement sortis de son esprit tout ce qui concernait sa famille, son frère, ses petits problèmes d'avant. Il avait l'impression d'être au centre de tout. Le nouveau lycée de YUJI, la nouvelle chambre de YUJI dans laquelle il ferait des fêtes avec ses nombreux amis. Les escaliers de YUJI qu'il descendrait d'une démarche si somptueuse, si élégante que tout le monde en resterait ébahi. Le corridor de YUJI qu'il connaîtrait par coeur et ce serait à YUJI que chaque jour, d'autres élèves demanderaient le chemin. Tout à ses pensées, il pénétrait progressivement dans la pièce. Le lit de YUJI dans lequel il dormirait comme un roi, sans entendre d'autres gens parler à côté. L'insonorisation des murs de YUJI...
VLAM!!!! Le grand, le magnifique YUJI se retrouva le nez contre le sol de sa chambre, ayant trébuché sur le tapis.

Retour à la réalité immédiat. Non, il serait le même qu'avant, le garçon auquel on ne parle pas parce-qu'il est ringard, qu'il s'habille mal, qu'il bégaie, qu'il n'a pas de conversation et vit dans ses jeux videos. A la seule différence près que le looser évoluerait dans un milieu agréable avec lequel il contrasterait encore d'avantage que dans son ancien lycéen. En se relevant douloureusement, le miroir de la coiffeuse approuvait ses nouvelles pensées bien plus realistes en lui renvoyant l'image de ce garçon frêle avec sa salopette verte et son t-shirt marron trop grands pour lui.

Il passa la main dans ses cheveux en bataille, qui laissèrent s'échapper quelques gouttes de pluie au passage, sans que cela ne change quoi que ce soit puis retourna devant la porte afin de récupérer le petit sac gris qu'il y avait laissé. Il le posa sur le lit le plus proche sans même réaliser que la chambre était faite pour deux personnes malgré la présence du second lit juste en face et commença à la déballer. Il en sortit quelques vieux t-shirt, un seul jean, des feuilles blanches à présent froissées et un stylo noir. Ce qui constituait ses fournitures scolaires allait être déposé sur le bureau quand Yuji remarqua un pc portable qui portait son nom.
*C'est pas vrai...*

Il n'osa pas y toucher de peur de le casser, de peur qu'il ne soit pas à lui, que le nom inscrit ne soit que l'objet d'une forte hallucination dûe à tout ce qu'il venait de voir ou pire que c'était la 1ère blague que les autres élèves lui faisait. Première d'une longue série si ça commençait si fort. Yuji pris soudain conscience de quelque-chose. On pourrait imaginer cela par une ampoule apparaissant soudain au-dessus de sa tête. Tout ressortait du luxe en ces lieux. Les autres élèves seraient sûrement des enfants de bourgeois, d'aristocrates qui riraient de ses tenues de pauvre. Forcément, un manoir comme celui-ci ne pouvait se voir recueillir un “crasseu” de plus comme lui. Au moins pour son image. Quoique, en y réfléchissant, le garçon n'avait pas en souvenir d'avoir entendu parler auparavent de ce pensionnat.

Il déglutit, tentant de penser positivement * il y aura des uniformes, il y aura des uniformes...* et de se concentrer sur la beauté de la pièce.
Il s'assit sur le bord du lit et ôta ses chaussures, une idée lui traversant déjà l'esprit. Il se mit alors debout sur le lit et après avoir vérifié que la porte était bien fermée, il se mit à sauter sur le lit, pas longtemps, juste trois sauts et se rasseya, souriant, content de l'acte interdit qu'il venait de faire.
Une si belle chambre rien qu'à lui... A lui, tout seul... Le pieds...
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Inuzawa Kirie

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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Dim 15 Juin - 14:44

[=>Arrive du Hall]

Zen, du calme... On reste calme... MAIS COMMENT POUVAIT-ON SE PERDRE DANS UNE CAGE D'ESCALIER ! Car oui, c'était bien ce qui s'était produit ! Kirie, après son entrevue plus que brève avec un type qu'il préferait ne plus recroiser, un saignement de nez qui lui avait donné un mal de crâne digne d'une insolation et la cassure des bretelles de son sac à dos qui l'avait obligé à bricoler pour attacher ledit sac à sa valise, s'était perdu une bonne quinzaine de minutes ! Tirant sur son bagage qui pesait une tonne, il craignait que son épaule ne se démette d'un instant à l'autre... Cela n'aurait pas été de chance, c'était certain... Mais depuis quand ce petit gars avait-il ne serait-ce qu'un peu de bol ? Ennuis de voyage sur humiliation, il sentait qu'en prime, la journée risquait d'être encore bien longue... Finissant par trouver le couloir des chambres, il s'aperçut qu'il y en avait plusieurs qui se ressemblaient beaucoup en prime. La poisse, il le sentait, il allait s'égarer encore ! Et même si ce n'était pas maintenant, ce serait quand il serait déjà en retard au réveil après s'être retrouvé coincé dans un tissu ou ficelé façon morceau de charcuterie ! Lâchant ses bagages, Kirie se donna une série de double-claques sur les joues, chassant ce genre de pensées de sa tête. Ce n'était pas son genre de déprimer mais c'était vrai qu'il devait s'y attendre... Bon, d'après ce qu'il avait comprit, il ne se retrouverait pas seul dans sa chambre et si son colocataire avait un minimum de coeur, il l'aiderait sans doute à se sortir de ce genre de problèmes... S'il ne partageait pas son lieu de vie avec un type qui se servirait de lui comme poids ou punching ball... Naaaan, soyons optimiste, la poisse ne pouvait pas être aussi emm...

Après avoir tourné encore, s'être coincé les doigts dans la poignée rétractable de sa valise et s'être mordu au niveau de son piercing, il parvint enfin devant la porte de la chambre... Verrouillée bien sûr... Ce n'était pas grave, il avait la clé... N'est-ce pas ? Pris d'un doute, il se mit à ouvrir ses bagages, fouillant sa valise en froissant tous ses vêtements puis, au bout d'une vingtaine de secondes, il était si agacé qu'il attrapa son demi casque audio qu'il regarda. Dans la branche qu'il plaçait contre son crâne se trouvaient les petites tiges de fer qu'il gardait sur lui en permanence. Rangeant d'abord ses affaires, il regarda la serrure puis s'assura que personne ne le voyait avant de demander pardon à la serrure. Plongeant les deux tiges dans l'ouverture, il fit jouer les "rouages" de l'objet avec patience et attention. S'il y avait bien une chose dans laquelle il avait de la chance, c'était d'avoir des mains aussi assurées en ce qui concernait le bidouillage de loquets...

Déverrouillant la porte, Kirie apposa la main sur la poignée de cette dernière. Si c'était fermé, c'était qu'il n'y avait personne, pas vrai ? Faisant jouer le mécanisme, l'adolescent d'un mètre cinquante-quatre et trois millimètres très précisément ouvrit la porte pour voir que non, la chambre n'était pas vide. Tournant son regard marron vers le sol, il vit une paire de chaussures... Banale ? Continuant à lever les yeux vers le lit, il aperçut des effets personnels peu nombreux et finit par se rendre compte de la présence d'une autre personne. Raccrochant son demi casque audio à son oreille, Kirie leva la main qui retenait ses bagages pour adresser un signe au garçon à l'aspect maladif, de son point de vue.


Euh... Saluuuuuut !

Non, ce n'était pas une salutation enthousiaste mais bel et bien la chute de la grosse valise du garçon sur ses pieds qui avait fait sortir un son un peu plus prolongé de la gorge de Kirie. Repoussant sa valise, il s'accroupit pour tapoter le bout de ses baskets à scratch quand un objet qui se trouvait dans sa poche chuta sur le sol... La clé de la chambre... Ah... Elle était là celle-là ? Saleté ! Restant accroupi, le pseudo blond regarda son interlocuteur.

J'suis Inuzawa Kirie, première année... J'crois qu'on va être coloc'.
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Okuda Yuji

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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Dim 15 Juin - 18:37

Yuji passa de la position assise à couchée, savourant le moelleux d'un lit si confortable. Plongeant son crâne dans l'oreiller pour se fondre totalement avec le tissu. Il resta ainsi quelques minutes, à n'écouter que le silence et les bruits de pas, quelques fois, jamais longtemps, signalant seulement des passages dans le couloir. Le jeune homme se prit à imaginer, à reconstituer l'apparence et l'histoire des autres étudiants qui passaient devant sa porte, pauvres inconnus qui ne se souciaient pas du fait que quelqu'un d'invisible s'interessait à leur cause de manière aussi sournoise. Il eut un sourire aux lèvres. L'image d'une jeune fille un peu fébrile, aux longs cheveux fins, aux grands yeux et au sourire d'un charme timide lui traversa l'esprit. Il associa les bruits de pas du moment à cette demoiselle. Elle s'appellerait Ai et serait dans la même classe que lui. Et jamais elle ne sera au coruant qu'à cet instant même, il l'épiait déjà à travers les seuls bruits qu'elle produisait. Ces pas-ci disparurent peu à peu. La pauvre, perdue, s'en était allée rejoindre le couloir des filles.
Et maintenant, des bruits de pas bien moins drôles. Ceux-ci appartiendrait à la brute de la future classe de Yuji. Il se concentra quelques instants pour s'en dresser une image: grand, gros, de petits yeux vicieux ornant un visage bouffis par la haine et la rancoeur. Un regard de boeuf qui ne pensait pas à autre chose qu'à frapper. Les pas étaient lourds. Oui, c'était bien ça. Ils disparurent à leur tour accompagnés du soupir de soulagement de Yuji qui croyait dur comme fer à ses inventions. De nouveaux pas. Ceux-ci étaient légers, hésitants. Difficiles à percevoir, d'ailleurs.
Un large sourire apparut sur le visage du garçon qui eut une idée plutôt amusante. C'était un alien venu de Pluton... Il aurait un nom d'étranger, d'extra-terrestre démoniaque comme... euh... Buruero... Seule l'élite perceverait ses mouvements. Dans quelques mois, Yuji sera nommé chasseur de Buruero pour son incroyable capacité à entendre ses pas... Et il serait munis d'une arme extra-terrestre, d'un casque en titane et d'un bouclier superdéveloppé qui renverrais les attaques et...

La poignée de la porte tourna. Le garçon ne put s'empêcher d'émettre un petit cri qu'il étouffa de ses mains, plaquées avec force sur son visage qu'on pouvait déjà supposer rougis par le choc. Le superhéros n'était pas si courageux face à l'extra-terrestre. Heureusement, la porte était fermée à clé. Yuji se redressa, les yeux rivés vers la serrure.


*Abandonne... Va-t-en! Va t-en!*

Plus un bruit. C'était peut-être un élève qui s'était trompé de chambre. Se rendant compte de son erreur, il était parti. Oui, cette hypothèse était bien plus réaliste. Un très léger son métallique se fit entendre. Encore. A nouveau. Plusieurs fois le même. Yuji ne mit pas longtemps à comprendre qu'on essayait de forcer la serrure. Et merde, il fallait agir et vite. Il n'allait pas laisser l'intrus entrer. Le garçon, paniqué, parcoura la pièce du regard. Vite. Très vite. Il remarqua qu'il avait laissé son parapluie au fond de son sac. Un petit parapluie d'une vingtaine de centimètres, qui, ne faisant ni l'effet d'un sabre, ni même d'une batte de base-ball, restait l'objet jugé le plus utile dans l'immédiat. Il se jeta sur son sac, le saisit et s'approcha de la porte, à tatillon, le tenant comme une épée devant lui.

* A nous, deux, E.T., tu vas vite retourner sur ta planète! *

La poignée tourna à nouveau. Yuji fit quelques pas en arrière. La porte s'ouvrit. Le garçon, s'attendant à voir des tentacules se glisser dans l'ouverture, très légère au départ, distingua, hélàs, une caractéristique bien humaine: des cheveux. Prenant une grande inspiration et se rendant compte du ridicule de sa posture, il se débarassa rapidement de son arme par la manière la plus stupide qu'il soit: en la jetant violemment en arrière tout en reculant rapidement pour ne pas se retrouver en face à face trop proche avec l'arrivant. La seule réaction à ce geste irréfléchi qu'eut Yuji fut de fermer les yeux, attendant avec anxiété le bruit du carreau qu'il avait sans doute brisé en lançant le parapluie vers la fenêtre. Non, ce fut le bruit d'un objet s'écrasant au sol qui s'éleva dans la pièce. Ou plutôt de deux objets. D'un côté, la table de chevet, heurtée par le projectile était tombée en avant, de l'autre côté, une valise avait touché le sol. Le brouhaha avait été saupoudré d'un “salut” bien trop long et saccadé de douleur.

Yuji ouvrit les yeux. Un garçon blond, accroupi, était en train de tapoter son pieds, dans l'embrasure de la porte. Ce dernier releva la tête et se présenta. Coloc'? Il avait dit “coloc'”? Ce fut un mélange de sentiments contradictoires qui envahirent Yuji. La déception de ne pas être le seul à profiter de la somptuosité de la chambre. L'appréhension à vivre avec quelqu'un d'autre alors que c'était déjà bien assez difficile de survivre avec lui-même. La joie à ce que quelqu'un soit contraint à rester avec lui et qu'il n'ait pas besoin de lier des contacts avec d'autres qui le rejetteraient plus tard. mais surtout la peur de l'être blond face à lui. Après tout, un japonais n'était pas censé être blond.


- Okuda Yuji. Euh... je suis en deuxième année, je crois. Enfin, non je le sais, j'en suis sûr. Oui... donc, je suis en deuxième année...

Il détourna le regard, se voyant déjà ridicule. Il n'avait pas bougé. N'osant pas tendre une main que l'autre ne prendrait peut-être pas. Inuzawa Kirie. Accroupi au sol, il n'arriverait sans doute pas à lui rendre ce geste. Ne sachant pas comment réagir à ce visiteur inattendu, manquant de préparation, Yuji se souvint alors du parapluie et, après avoir émit un rire nerveux semblable aux couinements des cochons d'Inde, il se précipita vers la table de chevet, récemment attaquée, et la replaça correctement. Puis il passa la main dans ses cheveux, jouant sur une désinvolture tellement fausse et mal interpretée qu'elle en devenait minable.
Il se rassit sur son lit, silencieusement, regardant un peu partout dans la pièce pour ne pas se confronter aux yeux de Kirie.


- C'est joli ici, t'as vu.... ?
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Inuzawa Kirie

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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Lun 16 Juin - 16:30

Accroupi en train de frotter ses orteils douloureux du coup en traître de sa propre valise, Kirie avait le regard rivé à son interlocuteur, redoutant tout un tas de choses. D'abord ce qu'il allait dire en réponse à sa présentation, s'il allait lui faire comprendre immédiatement qu'il n'était pas de bonne humeur ou avait vraiment aucune envie d'avoir un colocataire et tout un tas d'autres choses allant crescendo dans la négativité. Bizarrement, il ne ressentit pas la peine caractéristique d'un coup sur le crâne ou la tension que ferait régner un caïd dans une cour d'école, non... C'était même un peu le contraire... Restant dans sa position, il finit par lâcher le bout de sa chaussure regardant de ses yeux marrons son interlocuteur. Ce dernier s'était présenté sous le nom de Okuda Yuji... Bien ! C'était un nom pas dur à retenir ça ! Mais la fin de la phrase laissa le blondinet quelque peu perplexe, ayant la sensation d'avoir affaire à quelqu'un de franchement timide... Ou pris tellement au dépourvu qu'il en béguayait un peu de surprise. Etrangement, toute la négativité qu'il avait accumulé depuis son départ se dissipait en présence de cette nouvelle rencontre. Il y avait quelque chose chez ce type habillé plutôt bizarrement qui disait à la tête du décoloré qu'il n'était pas comme les types bizarres qu'il avait déjà rencontré... Ou alors d'une seconde à l'autre, son colocataire allait lui demander s'il n'avait pas de quoi se faire un joint ou une piqûre... Ce n'est qu'en entendant le type redresser la table de chevet qu'il remarqua que la personne avait bougé, après ce qui avait semblé être un... Rire ? Il était nerveux ou quoi ? Bon, c'était vrai que si sa poisse était connue jusqu'à ce bahut, on pouvait s'attendre au pire...

Ramassant la clé qui s'était évadée de sa poche, Kirie redressa son mètre et demi plus poussières, écoutant le type dire que la chambre était jolie. Inclinant la tête, Kirie prit le temps de regarder la pièce, avisant le grand lit libre quasiment en face de lui. Son visage blêmit un peu en voyant pendre le drap couvrant le matelas, les rideaux retenus par des cordelettes et le métal servant de sommier... Ouais... En gros, ça faisait au minimum quatre possibilités de catastrophe si on incluait le fait que le lit était distant du sol en bien trop de centimètres à son goût. Secouant négativement la tête, il finit par apercevoir les ordinateurs sur les bureaux, s'approchant de l'un des deux portant son nom. Ses yeux s'agrandirent et il tripota le piercing de sa lèvre avec une sorte d'incrédulité.


Puréeeee ! C'est un ordi portable ? Un vrai ? J'y crois pas ! C'est un pensionnat de riches !

Levant le nez au plafond puis posant son regard sur les meubles, il avait l'impression que tout semblait chasser sa poisse. C'était trop beau ! Retournant prendre ses bagages, il tira l'ensemble valise, futon et sac à dos aux bretelles cassées vers le lit libre. Bien évidemment, il se prit le talon dans le tapis et tomba en arrière, projetant son sac à dos en l'air qui acheva sa montée prodigieuse rapidement et finit sa course au-dessus du lit, pesant de tout son poids sur le tissu. Ne le regardant même pas monter, il recula juste à temps pour voir sa lourde valise éclateuse d'orteil tomber abruptement entre ses jambes. A quelques centimètres près, on ne disait plus "il" ! Err... Poussant un souffle long, Kirie fixa la valise qui, pour le naguer, finit en prime par s'ouvrir, projetant un ou deux vêtements ainsi que des pansements autour de lui. Avant qu'elle ne sorte, il attrapa la culotte tachée de rouge et la plaqua au fond de sa valise. Après quelques instants de respiration visant à le "zenifier", il se releva, tapota son pantalon quand il entendit quelque chose. Dressant l'oreille, il était certain d'entendre une mélodie mécanique.

C'est moi ou ya une boîte à musique ? Beuh ? Il est où mon sac ?

Regardant le lit, il finit par apercevoir la bosse dans le tissu du dessus et le scruta, tendant l'oreille. C'était "cette mélodie" adorée de sa soeur qui s'élevait dans l'air. Grimpant sur le lit, il se mit à sauter sur le matelas, tentant de taper dans la bosse pour faire descendre le bagage. Mieux valait ne pas penser que le poids du sac risquait de déchirer le tissu, sinon c'était un truc qui arriverait certainement.
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Okuda Yuji

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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Mar 17 Juin - 23:44

Yuji resta assis sur le lit et se risqua à observer son nouveau... colocataire. "Colocataire". Le mot sonnait faux. Il allait devoir vivre avec quelqu'un. Avec une vraie personne, n'ignorant pas son existence, autre que ses parents et que... et que son cher grand frère aimé de tous. Cette dernière pensée fit naître en lui l'espoir que Kirie était plus jeune que lui. Aucune éventuelle identification ne serait alors possible. Mais la façon de s'habiller et l'attitude naturelle de son interlocuteur lui faisait pressentir le contraire. Son anneau à la lèvre, ses cheveux blonds... Pourquoi donc avait-il les cheveux blonds? Faisait-il parti de ses ados rebels qui ne voyaient en Yuji qu'un bon moyen de se détendre en usant des poings. Eux aussi avaient les cheveux blonds ou encore rouges. Le garçon déglutit bruyamment. Ses cheveux. Ses cheveux le trahissaient. En y réfléchissant d'avantage, Yuji se mit à voir les côtés positifs du fait d'avoir un voyou comme coloc'. Ce dernier le protegerait face aux autres voyous. Il se pourrait même qu'il l'intègre dans le nouveau gang qu'il formerait dans ce lycée. Le garçon se prit à imaginer quelle couleur de cheveux exentrique lui irait le mieux. Oui, s'il fallait se rabaisser à ça pour ne pas se prendre des coups, il n'hésiterait pas. Devenir comme eux et terroriser les autres élèves. Plus il songeait à cette idée, plus cette nouvelle image qu'il se construisait de lui-même lui plaisait. Et c'est une floppée de stéréotypes qui traversairent son esprit: les gants en cuir, les chaînes, les concours de crache, la cigarette au coin de la lèvre... L'image du voyou que se ferait un enfant de huit ans. Bleu. Il aurait les cheveux bleu.

La voix de Kirie sortit Yuji de sa rêverie. Le blond venait apparemment de découvrir la sorte de "cadeau de bienvenue" du pensionnat, à savoir un superbe ordinateur portable. Rien que ça. Le jeune Okuda se tourna alors vers lui, une expression de surprise dans les yeux. Son colocataire avait eu la même réaction que lui face à l'objet. La remarque qu'il ajouta concernant le pensionnat parvint à remplir de joie le coeur de Yuji. "Un pensionnat de riches". Alors il ne serait pas le seul pauvre dans l'aventure. Ils étaient déjà deux. Le personnel avait dû avoir suffisamment pitié d'eux pour les mettre ensemble et qu'ils aient au moins leur chambre comme QG, seul repère à l'abris des requins bourgeois les entourant. A cet instant, il eut envie de lui sauter dans les bras. Et pourtant, seul un léger sourire sur son visage trahissait le tsunami de soulagement qui l'avait envahit.

Il observa alors l'autre pauvre - pour Yuji, il n'y avait que deux catégories sociales sur Terre, à savoir les riches et les pauvres - qui avait entreprit la tâche visiblement difficile de déplacer ses affaires sur ce qui allait devenir son lit. Cela ne prit pas longtemps avant que tout le bric à brac s'envole et que le jeune homme soit contraint à rattraper douloureusement la lourde valise... avec ses cuisses. Le tout se finissant par un feu d'artifices d'affaires personnelles qu'il tentait de rattraper. Yuji retenait avec peine son envie d'éclater de rire. Le spectacle était bien sympathique. Il avait découvert quelqu'un d'aussi maladroit que lui. Ou peut-être pas tant maladroit que plus simplement malchanceux.


- Une boîte à musique?

Yuji tendit l'oreille. Effectivement, il l'entendait maintenant. La mélodie. C'était doux, envoûtant. Il n'avait pas vraiment compris d'où ça provenait mais son colocataire semblait la connaître. C'était peut-être sa boîte à musique. Il devait avoir oublié qu'il l'avait apportée.

- C'EST UNE JOLIE MUSIQUE EN TOUT CAS.

Fort. Très fort. Trop fort. Certes, une petite mélodie s'élevait dans le silence mais on restait très loin du bruit d'une salle de concert. Yuji avait parlé comme s'ils étaient dans une boîte de nuit, voulant dominer la musique de sa voix alors que celle-ci était ridiculement faible. Au final, il avait dû passer pour un arriéré, incapable de connaître la puissance de ses propres cordes vocales et encore moins de la maîtriser. Il s'en était rendu compte. C'était déjà ça.

- Hum... Euh... désolé. C'est quoi au fait?
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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Mer 18 Juin - 1:20

"En colonie d'vacances, la siii, la soool ! En colonie vacances la si la sol fa miii ! On sautait sur les liiiits"... Oui, bon, cessons là ces chants de gamins forcés de se rendre dans des camps pour enfants non voulus dans les pattes des parents pour se concentrer sur la silhouette du gamin blond. Debout sur le lit, Kirie fixait intensément la courbure formée par le poids de son bagage sur la toile. Sautant une fois pour le toucher, il rebondit une ou deux fois et stoppa net, voyant qu'il avait du mal à le faire et ne voulant pas non plus percer la toile qui aurait alors déversé son contenu sur sa face de bébé. Triturant son piercing à la lèvre, Kirie se mit donc à écouter à la fois la mélodie de la boîte, se disant que Karin avait du se planter en lui mettant dedans, et la voix de son colocataire. Restant debout sur son lit, à fixer le dessus, Kirie sursauta lorsque Okuda-san hurla que c'était une jolie musique. Enfin hurler... Pas vraiment mais cela eut pour effet de faire déraper le garçon sur le drap blanc, le faire glisser dessus, et se prendre la cheville dedans. Cessant immédiatement de bouger, le pseudo-blond reporta son attention sur le garçon avec qui il allait devoir partager sa chambre. Le regardant vraiment cette fois, tentant de défaire le tissu enroulé autour de sa jambe. L'autre garçon s'excusa, sans doute pour avoir parlé aussi fort et demanda ce que c'était... De quoi ? Le son ? Levant le nez en retenant d'une main le demi-casque qui ornait son oreille, il se défit enfin du lien blanc et esquissa un sourire à l'intention de son colocataire. Puisqu'ils partageaient la même chambre, autant tenter de bien s'entendre avec lui. Au moins, il parviendrait à accomplir quelque chose de positif dans ce bahut ! Tirant la langue à sa poisse, ou plutot au sac à dos qui attendait qu'on vienne le chercher, il reporta ses yeux sombres sur Okuda-san.

Si je me plante pas, ça c'est la boîte à musique préférée de ma frangine, Karin.

Jetant un regard sur le côté, Kirie prit une expression entre assombrie, entre l'air de "c'est pas vrai", "ah cette Karin" et "qu'est-ce qu'elle a encore pu glisser dans mes bagages". Sans penser de trop à l'impact que cela pouvait avoir sur son colocataire, il décida de parler un peu, d'exprimer le fond de sa pensée. Il avait déjà tellement dégusté moralement et physiquement aujourd'hui... Qu'avec sa poisse, ce serait loin de finir !

Elle est tellement distraite qu'elle a même foutu quelques-uns de ses sous-vêtements dans MA valise... Et comme ce MERVEILLEUX objet a tendance à s'ouvrir pour un oui ou pour un non, j'ai été pris pour le dernier des pervers !

Comme si la valise voulait se moquer encore, elle fit entendre un "clac' spécifique, provoquant un regard noir du blondinet qui abaissa bientôt les épaules. Maintenant qu'il avait trainé cette traîtresse jusque-là, il allait devoir lui vider les entrailles. Cependant, auparavant, il comptait faire connaissance avec Okuda-san qui était quand même son aîné d'un an. Pour le moment, il n'arrivait pas vraiment à discerner le type de personne à qui il avait affaire. N'ayant jamais vraiment eu le temps de s'interroger sur la mode ni s'approcher de gens qui ne se mettaient pas à lui courir après ou à retenir leurs chiens, y compris les caniches et loulous de Poméranie, la façon d'être de ce garçon ne le choquait pas vraiment. On avait beau être vigilant, quand on avait pas le temps de faire attention, cela ne comptait pas vraiment. Repoussant carrément le drap sur le sol, Kirie descendit du lit et se saisit du rouleau qu'il avait fait avec son futon, s'en servant pour pousser le sac à dos au bord de la toile. Lorsque l'une des bretelles cassée apparut, il posa son futon sur le matelas et tira dessus doucement, espérant que rien de grave ne se produirait.

Lorsque le bagage se laissa lourdement choir de son balcon improvisé, Kirie le ramena vers lui avec toute la force qu'il avait, s'y aggripant façon koala et se balançant avec le bagage quelques secondes. Attendant de se stabiliser, il se déplia et ouvrit une poche, la ventrale, plongeant la main dedans pour attraper l'objet au moment où la musique cessait. Doucement, sachant que quelque chose pouvait lui arriver à tout moment, il mit les deux mains autour de la boîte froide au toucher.




Elle adore les chats.

Jetant un coup d'oeil à l'autre garçon, il rouvrit la boîte contenant des mini-figurines de chat, sur l'air qu'ils avaient entendu avant. Après toutes ces épreuves, Kirie se sentait bizarrement soulagé de l'entendre et scruta sans jugement son colocataire.
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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Mer 18 Juin - 16:45

Les cabrioles de Kirie continuaient, au plus grand plaisir de Yuji. Ce dernier se sentait à présent comme quelqu'un de réellement à même de contrôler chacun de ses gestes. Il se trouvait plutôt doué à côté du garçon qui se battait avec son propre lit. Son colocataire le faisait rire. C'était déjà un bon point. Il n'avait pas la prétention d'un ado voulant passer pour un adulte lui non plus. Il tirait la langue à ses malheurs. Son caractère semblait même plutôt facile. Il ne fit pas de commentaire à la non maîtrise de sa voix dont Yuji lui avait donné un petit aperçu. Pour cela, le garçon lui en fut reconnaissant. Il se prit même à souhaiter qu'ils soient dans la même classe. Il ne serait peut-être pas assis seul, cette année.
* Mais non! *
Pour cette pensée, il se frappa le front du plat de sa main. Quel imbécile! Il lui avait dit quelle était sa classe, il était en première année, encore. Mais du coup, se pourrait-il qu'il soit plus jeune que lui? Non, le redoublement est possible et même fréquent dans le cas des voyous.
Mais plus il l'observait, moins il ne trouvait son attitude semblable à celle d'un chef de gang qu'il lui prêtait quelques minutes plus tôt. Dommage, ça aurait pu être utile. En même temps, il n'avait pas l'air si fort, il n'avait pas l'envergure du mec qui protège ses camarades. Il n'avait pas l'air très grand, non plus mais tant que Yuji était assis, il ne pouvait s'en faire une idée. C'était comme avec les distances, il n'arrivait pas à se faire une image de ces choses abstraites comme les longueurs, les hauteurs. Trop compliqué pour lui.

Kirie donna des explications sur la fameuse boîte à musique. Elle appartenait donc à sa soeur. Qu'est-ce que Yuji aurait aimé avoir une soeur... Son colocataire continua au sujet de cette “frangine”. D'un ton que Yuji jugeait mélangeant énervement et gêne, il tentait de justifier l'apparition soudaine d'une petite culotte féminine à laquelle le garçon n'avait d'ailleurs pas prêté attention. Passer pour un pervers? Au contraire, avoir des sous-vêtements de filles dans sa valise, ça le rendait cool. Bon, effectivement, si l'on savait qu'ils appartenaient à sa soeur, la situation deviendrait tout de suite plus glauque.

Lorsque la boîte à musique fut enfin sortie de la valise, Yuji ne put s'empêcher d'émettre un “ooh” d'éblouissement. C'était peut-être la première fois qu'il en voyait une et de plus, elle se fondait parfaitement avec le décor, occidental, ancien de la chambre. Il était persuadé que s'il l'avait vu dans le contexte de l'appartement de ses parents, il ne l'aurait pas trouvé si jolie. Il y avait un chat dessus, et un papillon. Et de très jolies fleurs qui pour Yuji, n'aurait jamais pu pousser au Japon tant elles semblaient étrangères.

Kirie ouvrit la boîte et la mélodie se fit à nouveau entendre maintenant. Le son était plus facile à distinguer alors qu'elle était à l'air libre. Elle fesait remonter en Yuji des tas de souvenirs enfouis jusque là. Son enfance. Les cabanes faites dans les arbres du parc en face de chez lui. Les courses poursuites avec les surveillants du parc. Les rires, la cueillette des tulipes avec sa mère. C'était le genre de musique qui parlait à tout le monde. Chacun pouvait s'y retrouver en l'entendant.


- Oui, moi aussi j'adore les chats d'ailleurs. C'est une très belle boîte.

Yuji avait dit ces mots sans que ses yeux n'aient quittés un instant les petites figurines. C'était le genre de marque féminine qu'ils n'avaient jamais eu à la maison. Il releva enfin la tête pour observer son colocataire. Il était gentil avec lui. Cela donnait à Yuji l'envie de le connaître d'avantage. Il avait réussis à le faire se sentir bien et oublier tout ce qui d'habitude le mettait mal à l'aise avec les autres, et tout cela en très peu de temps.

- Je n'ai pas de soeur, moi. Alors il n'y avait pas ce genre d'objets chez moi. Ca fait bizarre d'en voir une, maintenant.

Il se leva enfin de son lit, pour le simple plaisir de changer de position. Il s'approcha du pc portable qui n'avait pas bougé d'un milimètre, sur son bureau. Tel un objet divin. Il l'ouvrit délicatement puis caressa le clavier.

- Sinon... tu viens d'où?

Il sous-entendait “de quelle ville”, esperant sincèrement qu'il venait d'une très grande ville parce-que Yuji n'était lui-même pas très doué en géographie. Mais cela ferait un sujet de conversation.
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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Mer 25 Juin - 14:27

[HRP: Pardon pour le retard, j'ai été malade suite au mariage et j'ai aussi eu des soucis de connexion ><]

Tenant précieusement la boîte à musique de sa frangine comme s'il s'agissait de sa seule bouée de sauvetage dans un océan d'emm... Nnuis, Kirie écouta son colocataire approuver ses dires et annoncer apprécier les chats. Ah ben ils avaient au moins la possibilité de s'accorder sur quelque chose ! Entre joie irrépréssible et suspicion totale sur le fait qu'il ait bizarrement de la chance, le blond ne quittait pas son colocataire des yeux. C'était si reposant d'avoir une conversation normale avec quelqu'un ! Si doux ! Si inattendu ! Si... Si... Si c'était pas un rêve alors sa poisse l'avait peut-être enfin quitté ? Nan, ce serait trop beau... Gardant ses yeux sombres sur la silhouette de son interlocuteur, il l'entendit lui parler de sa famille, juste un peu, juste ce qu'il fallait pour faire connaissance. Les doigts rivés sur la boîte qui émettait encore sa mélodie douce et agréable, il le vit se lever et oser toucher à l'un des ordinateurs portables. Dire qu'il y en avait un chacun ! Si c'était parmi les fournitures du pensionnat, nul doute que le lieu était extrêmement riche, faisant un instant se demander au garçon si c'était la famille de l'élève qui devait payer quelque chose ou si c'était "généreusement offert" par l'équipe scolaire. Assis en tailleurs, Kirie bougea en même temps que l'autre jeune homme, histoire de le garder dans son champ de vision, posant son regard sur l'écran de l'objet sans doute hors de prix qui leur était proposé. Tendant l'oreille, il l'entendit lui demander son lieu d'origine ou tout du moins c'était ce que le gamin comprit.

Immobile pour éviter qu'une quelconque catastrophe ne survienne sans prévenir, il sentit qu'il pouvait lâcher tout ce qu'il lui était arrivé et ne s'en priva donc pas.


J'viens de la région d'Izumo. Avant je vivais dans une jolie baraque qui a été emportée par une coulée de boue... Mon pauv' SuperBot !

Si tu parles du collège, j'en ai fait trois en fait... Y'a eu quelques "incidents" qui font qu'j'ai pas pu rester bien longtemps dans chacun mais bon...


Kirie posa finalement la boîte pour se gratter l'arrière de la tête de la main gauche, regardant sur le côté droit. Apercevant la plaque rouge avec le crucifix dessus, il le fixa, se disant que c'était peut-être une plaque anti-poisse mise là en prévision de ses mauvaises ondes. Moins de trois secondes et dix centièmes après qu'il l'ait remarqué, ledit objet se décrocha du mur et tomba lourdement par terre, se cassant sur le coin supérieur gauche et faisant sursauter le première année. Oh non, non, c'était juste une coincidence, ni plus ni moins ! Glissant sur son lit pour aller chercher la plaque, il la ramassa, se blessant évidemment sur la première phalange de son index et pouce gauche. Recueillant les morceaux, il resta blasé en voyant encore une fois qu'il s'était fait mal et traversa son lit dans l'autre sens, allant chercher des pansements présents dans sa valise. Il était équipé contre ce genre de petits bobos survenant régulièrement, aussi sur que le balancier d'une horloge provoquait un "tac" sur le cadran. Défaisant les pansements, il tira la langue sur le côté en les plaçant, repensant que son colocataire était toujours là.

Assis, il tourna la tête vers ce dernier, finissant de lisser les adhésifs.


Et toi ? Tu viens de loin ? T'as aussi reçu un courrier ?

Et, sans rapport, tu crois que ce bahut est si riche que ça pour proposer des PC portables ?


Finissant par se laisser aller au sol, il entreprit de défaire et d'installer son futon sur le sol. Cela pouvait paraître étrange mais oui, Kirie installait bien son coin pour dormir alors qu'il avait un lit paraissant douillet et agréable à disposition. A genoux, il jetait de temps en temps un coup d'oeil à son camarade, attendant une quelconque réponse voire une catastrophe pour garder le rythme qu'il avait eu jusque là.
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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Sam 28 Juin - 19:00

[Pas de problèmes. Faut dire que j'suis pas un modèle de rapidité)

Kirie venait de la région d'Izumo. C'était loin, ça... Enfin, loin de chez Yuji. Il parla rapidement d'une coulée de boue, de changements d'établissement, d'incidents. Il ne faisait en réalité que mentionner les évènements et même si Yuji avait alors envie d'en savoir d'avantage, sa curiosité aiguisée par cet inconnu qui ne le prenait pas de haut, il devinait déjà qu'il aurait à poser des questions s'il voulait des explications. Restait plus qu'à former une phrase sans avoir l'air d'un crétin associal. En gros, ni bafouillages, ni haussements de voix, un ton cool. Pas trop difficile en apparence sauf pour celui dont on se moque ou qu'on ignore tellement qu'il en finit par ne plus savoir parler naturellement, la peur au ventre que le moindre dérapage de voix aboutirait à des rires ou grillerait simplement ses chances de tisser des liens avec l'interlocuteur. Et il faut dire que des dérapages de voix, Yuji en a eu beaucoup, incapable à un moment donné d'enchaîner trois mots sans virer dans le suraigu. Ah, la puberté... Le problème étant qu'encore aujourd'hui, il lui arrive de sauter une octave en posant une question.

Alors que le jeune homme, sa question bien en tête, allait prendre la parole, encore face à son pc, un bruit venant de derrière eux l'en empêcha. Il se retourna et vit son colocataire - comme il était étrange de considerer ce mot - sursauter puis se précipiter vers l'origine du bruit à une vitesse assez impressionante. Il avait dû voir l'objet tombé. Oui, parce-qu'apparemment, c'était quelque-chose qui était tombé d'il ne savait où. Le brun ne bougea pas pour autant, trop occupé à observer l'autre garçon qui s'était visiblement coupé mais il prêtait si peu d'attention à cette blessure qu'il soigna avec désinvolture que Yuji se prit d'admiration pour lui. Lui, lorsqu'il se coupe, il peste contre l'objet coupable et peine à mettre un bandage qu'il lui faut tellement de temps à trouver que la blessure a déjà cessé de saigner. Mais qu'il met tout de même, non pas sans gémir du frottement. Au cas où. Non, Kirie avait l'air du gars cool qui pense à tout et ne stresse surtout pas pour ce genre de choses.

C'était le crucifix. Il était sur une sorte de plaque... rouge... Oui, maintenant Yuji se souvenait qu'il était accroché au mur. C'était certainement ça qui était tombé. Yuji n'avait pas quitté son colocataire des yeux, observant ses gestes. Lorsque le blond tourna la tête vers lui, il regarda ailleurs, faisant mine de ne pas s'interesser à ce qu'il se passait. Yuji avait toujours pris ça pour le signe d'une attitude d'un mec normal, plutôt bien intégré alors il essayait de s'en souvenir. Encore un autre truc sans doute écrit dans le dico du gars cool. Kirie prenait la parole, enchaînant questions et une affirmation... demandant confirmation. Un bahut de riches. Ils étaient bien deux à penser ça. Yuji se demanda alors s'il était bon de parler de certains élèves aux allures bourgeoises qu'il avait entraperçu entre le hall et sa chambre sans y faire réellement attention.


- Je viens de Sapporo. Et... ben, en fait, j'ai toujours vécu là-bas. C'est la première fois que je vois autre chose que l'Hokkaido d'ailleurs!

En disant ses mots, d'un ton plutôt hésitant, Yuji avait en tête son voyage pour arriver jusqu'ici. Il n'avait jamais changé autant de fois de bus et était réellement content de lui quant au fait qu'il avait réussi à trouver son nouvel établissement par lui-même. Non pas sans quelques difficultés, mais moins qu'il ne l'avait projeté. Il enchaînait:

- Oui, une lettre! Quelle chance! Enfin, vu l'endroit... Je veux dire, c'est largement mieux que ce que j'avais avant comme lycée! Mais j'ai pas compris pourquoi. T'avais postulé ici, toi? Moi non... et franchement, ça m'étonnerait que mon ancien lycée leur ait envoyé un dossier...

* A moins que ce n'soit un établissement pour cas déséspérés. Dernier recours pour se débarasser des élèves médiocres qui arrivent à passer en classe superieur par on-ne-sait quel subterfuge.*

- T'as vu le hall? On se croirait dans un château! Rien que pour ça, c'est sûr: c'est un bahut de riches. Ils avaient rien précisés dans la lettre mais si y a une facture à la fin du mois, on est pas dans la m.... euh... enfin voilà, moi en tout cas, c'est sûr.

Yuji marqua un blanc à cette idée à laquelle il venait de songer en déballant les phrases légèrement trop vite mais de manière compréhensible. Non... ils auraient prévenu... parlaient du prix... ils auraient dit quelque-chose. On fait pas un coup comme ça à des pauvres adolescents. Pauvres, c'était bien ça le problème. Blablabla. Bon, quand Yuji était lancé, il arrivait à déballer un flot de paroles assez important et souvent dur à suivre.

- Je sais pas si t'as fait gaffe aux gens en arrivant mais moi j'en ai croisés plusieurs... genre aristo... enfin, je sais pas, mais l'attitude, les tenues, la façon de narguer les autres autour... bon, y avait des gens comme toi et moi aussi mais... quand même, ça m'a marqué. En même temps, ils allaient bien avec le contexte. En tout cas, j'suis bien content d'avoir un coloc' comme toi.

C'était vrai même si la phrase avait été dure à sortir. On ne sait jamais qu'il en profite pour se sentir superieur et user de machiavellisme pour manipuler Yuji à sa guise. Et ce dernier savait que si c'était le cas, il ne le remarquerait sans doute pas. Bon, il n'avait pas l'air, c'était déjà ça.
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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Lun 30 Juin - 14:07

Tout en se battant avec le recoin de son futur lit qui avait décidé de ne pas rester sagement au sol, Kirie écoutait avec attention son interlocuteur qui, il fallait bien le dire, lui apparaissait de plus en plus sympathique. Apparemment, tous deux étaient relativement sur la même longueur d'ondes et mis à part l'accueil bizarre au début, rien de catastrophique ni d'anormal ne semblait paré à survenir. Il l'entendit lui répondre qu'il venait d'une ville bien plus au nord que la sienne, chose qui expliquerait peut-être la teinte de peau plus pâle que la sienne. Quel genre d'endroit ça pouvait être Sapporo ? Dommage qu'il n'ait pas eu l'occasion de voyager mais d'un autre côté, encore heureux. Il aurait tellement de chance qu'il aurait réussi à faire dérailler le Shinkansen suite à on ne sait quel petit gravier sur les rails. Tapant du poing sur le tissu, il ne répondait rien, ne faisant qu'écouter son interlocuteur. Depuis le temps qu'il voulait une conversation normale avec quelqu'un, il n'allait pas en perdre une miette, peu lui importait au fond le sujet de discussion. Certes, sur certaines choses il parlait un peu vite mais dans l'ensemble, le faux blond comprenait, ayant l'habitude de capter à la va-vite ce qu'on lui disait. Il fallait dire qu'autrement, il n'aurait pas entendu la majorité des choses qu'on proférait contre lui pendant ses fuites effrénées ! Heureusement, il ne semblait pas y avoir trop de chiens affamés de pantalons par ici mais rien ne disait qu'il n'en croiserait aucun. Il s'immobilisa en entendant parler de facture... Oh non, oh que non ! Si c'était le cas, il allait devoir se trouver un petit travail pour alléger la charge financière ! Même si sa mère allait épouser un riche d'ici quelques temps...

Finissant d'installer son futon, Kirie s'assit en tailleur dessus, écoutant Okuda-san parler des gens croisés dans le hall et finir par dire, de lui-même, sans aucune menace ni quelconque pression qu'il était content de l'avoir comme colocataire. Les yeux sombres du garçon s'illuminèrent un peu et il s'effleura la pomette, émettant un léger rire gêné puis son visage se barra d'un sourire ravi. Non mais c'était vrai ! C'était tellement rare que Kirie avait bien le droit d'être un minimum ravi !


Héhé, merci. C'est bien la première fois que quelqu'un est content de se trouver à proximité de moi !

Te méprends pas, hein ? C'est pas parce que j'suis un emm*rdeur ou autre chose du genre mais disons... Euh que j'ai pas toujours de chance.


Ca, c'était un euphémisme mon cher ! Baissant sa main, il posa les deux sur ses genoux tandis qu'il restait assis en tailleur sur son futon, jetant un bref regard à sa valise. C'était vrai qu'il n'avait pas encore rangé ses fringues mais bon, pour une fois qu'il avait un tantinet de chance, il n'allait pas tout risquer ! Surtout avec cette saleté qui s'amusait à lui jouer des tours. Repensant aux rencontres effectuées, il croisa les bras et fronça les sourcils, maugréant un peu avant de se remettre à parler.

Dans ce hall, j'ai parlé avec deux types. Le premier avait l'air assez sympa... Sauf quand il m'a demandé si j'avais pas d'la drogue pour qu'il se fasse un joint. J'trouve que je me débrouille suffisamment mal sans en plus tomber dans ce truc...

Le deuxième c'était le genre à éviter quoi, un gros tas d'muscles méchant ! Le genre à pas te croire et à vouloir te tabasser même si tu lui apportes des preuves...

'Fin bref... Moi non plus, j'ai pas postulé. On a juste reçu un courrier et pof, j'étais en route.


Se creusant un peu la tête à ce sujet, cherchant quel genre d'homme en noir avait pu l'aborder sans chercher à ouvrir son imperméable devant lui, il finit par laisser tomber. Regardant la chambre puis son colocataire, lui souriant avec sympathie. Etant donné que le jeune homme n'avait pas mis le doigt sur un seul de ses complexes, Kirie était relativement détendu mais il sursauta en entendant un "BIP" provenant de son sac à dos. Hein ? Encore une surprise ? Assis par terre, il décida d'ignorer le son électronique venant de son sac, persuadé qu'au moindre geste, il lui arriverait une bricole. Reprenant le fil de la conversation, il fit part de ses pensées à son colocataire, personne qu'il estimait le plus sympathique de toutes celles déjà rencontrées.

J'sais pas pour toi mais avec tous ces gens différents, j'sens qu'on va avoir droit à des tensions voire des bagarres... Et comme par hasard, ça finira par me retomber sur la gueule parce que je serai encore au mauvais endroit au mauvais moment...

Comme s'il pressentait que cela arriverait, il attrapa son dix-huitième charme anti-poisse ayant la forme de la croix qu'il portait au cou. Il n'était pas spécialement croyant mais ne rechignait pas à aller faire un tour ou deux dans les temples, chercher des amulettes... Même si les deux dernières fois, le bonze l'avait chassé à coup de balai parce qu'il risquait de "corrompre" les bonnes ondes du temple...
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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Mar 1 Juil - 16:23

C'était au tour de Kirie de parler, Yuji s'étant déjà montré bien assez bavard pour le moment. Il l'observait calmement installer correctement un futon sur le sol avant de s'asseoir dessus. Ca rappella au garçon qu'enfant, il ne supportait pas non plus de dormir sur les lits occidentaux et refusait de s'y accoutumer malgré la pression des parents qui trouvait ça “quand même mieux”. De plus, son grand frère avait une facheuse tendance à lui rappeller cette periode rebelle à l'âge de 5-6 ans. Il n'en avait pas connu d'autres, d'ailleurs.
Et le coloc' prit la parole. Visiblement surpris des compliments de Yuji. Il faut bien avoueur qu'en l'entendant affirmer qu'il était rare qu'on soit content de sa présence, le brun ne put s'empêcher de lui attribuer alors toutes les caractéristiques de la personne invivable, le coeur battant, regrettant presque ses dires face à un mec qui ne lui rendrait finalement pas la vie facile dans ce nouvel établissement.
En fait, non. Il se rattrapa bien vite, justifiant la précédente phrase par une excuse étrange. Les gens ne l'aiment pas parce-qu'il manque de chance? Et ben, il avait pas dû rencontrer les bonnes personnes alors. Les habitants d'Honshû étaient-ils si élitistes que le simple fait de “ne pas avoir de la chance” les rendaient hostiles? Yuji était bien mal barré dans ce cas. Et puis, il entendait quoi par “ne pas avoir de chance”? Les incidents de sac? Il prêterait d'avantage ces évènements à de la maladresse, ceux-ci arrivant d'ailleurs fréquemment au jeune Okuda.


Kirie poursuivit en parlant de sa propre experience du hall. Il avait déjà eu le temps de parler à d'autres élèves, lui. Mais pas du genre de ceux avec qui Yuji tenterait de s'intégrer. Une brute et... un mec qui se drogue? Ca, ça faisait encore plus peur au jeune homme, naïf, qui s'imaginea directement le gros junkie en manque d'héroïne version films des années 1980. Il frissonna.

Tout en l'écoutant attentivement, il s'assit à terre, devant son propre lit, histoire d'être à la même hauteur que son colocataire qui, d'ailleurs, lui fit un large sourire auquel Yuji ne put répondre. Il essaya pourtant, tendant les lèvres d'abord vers la droite avec peine, puis tentant de faire la même chose de l'autre côté. En vain. Ca demandait trop de spontanéité et il était bien trop surpris par le geste de Kirie pour pouvoir sembler naturel en le lui renvoyant. Au final, ça donnait une sorte de grimace étrange, pas vraiment effrayante mais plutôt ridicule. Peut-être même effectuée trop rapidement pour avoir été perçue. Esperons-le. Il relâcha le tout pour une activité bien plus habituelle: le mordillage de la lèvre inferieure tout en se concentrant sur les dires de l'autre.

Un BIP retentit, effrayant le jeune brun qui se tourna immédiatement vers le sac de son colocataire. Oui, le bruit provenait bien de là. Il n'avait absolument aucune idée de ce que ça pouvait être. L'interessé n'y prêtait d'ailleurs aucune attention et continua à parler, partant sur un sujet assez tendu: les éventuels conflits entre élèves. Yuji en avait l'habitude. Il y avait déjà des sortes de clans dans son ancien lycée qui ne pouvaient pas se supporter entre eux. Trop différents. Mais bizarrement, ils s'entendaient tous sur le même point: Okuda Yuji était le mec le plus ringard du bahut et on pouvait lui taper sur la tête à volonté, il ne bronchait pas. Une sorte de peluche vivante. Dommage qu'il n'y avait pas de bonbons qui en sortaient.
Kirie semblait avoir le même problème, à sa grande surprise. Comment un mec tout simple et plutôt cool comme lui pouvait s'en prendre dans la gueule? Qu'est-ce qui pouvait bien déplaire aux autres chez lui?


Tout en jouant avec ses doigts, Yuji prit la parole:

- Tu n'es pas apprécié... parce-que tu n'as pas de chance? Il faut que tu m'expliques là, parce-que j'ai un peu de mal... Comment ça, pas de chance? Enfin bon... ne t'inquiète pas, si les brutes du lycée me voit à côté de moi: ils auront vite choisis leur punching-ball! C'est normal, je dirais et puis j'encaisse bien les coups, je crois...

Il avait fait le coup deux fois. Le mot “chance” n'était plus à redire. Il était monté de trois tons au moins avec le “pas de chance?”. Oui, ça commençait à monter au “pas” et atteignait son apogée au “an”. Ca avait été un minimum progresif, tout de même. A deux reprises, donc. Evidemment le problème restait les questions. Merde! Il n'avait plus 14ans, il pourrait au moins réussir à parler convenablement à défaut du reste. Passant sur l'incident en se grattant la gorge, il montra ensuite le sac du doigt:

- Je crois qu'il a fait un bruit, avant.

Il émit un léger rire en voyant Kirie jouer avec... des sortes de portes-bonheurs, amulettes confondus.

- Waouw! Tu dois être vraiment superstitieux! Et ça marche? Et ça ne te fait pas mal à la nuque tout ce poids?
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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Mar 8 Juil - 12:22

N'ayant pas encore bougé de sa place, comme si son futon était le seul lieu de la planète où il ne risquait rien, Kirie écoutait son interlocuteur faire comprendre qu'il ne voyait pas en quoi sa poisse pouvait être gênante. Sur le coup, Kirie eut un regard rond, pas vraiment à cause du changement de voix, qui était tout de même assez déroutant en dépit du fait qu'il côtoyait des bizarreries depuis sa naissance, mais parce que quelqu'un ne voyait pas l'horreur que sa poisse pouvait susciter. Ca alors ! C'était bien la toute première fois qu'un être humain n'acquiesçait pas immédiatement après avoir entendu cela. Se pourrait-il qu'il ait écopé au final d'un type encore plus étrange que le shooté et la brute ? Non pas qu'il s'en alarmait mais à cause de cela, il allait devoir expliquer de bout en bout ce qu'il lui était arrivé... Et vu que d'ordinaire le mot "poisse" suffisait à chasser ses interlocuteurs, ce serait également la première fois qu'il pourrait véritablement donner des détails à une personne qui ne le prenait pas en pitié... Encore... Malgré lui... Euh... Bref. Passant sur le détail de la voix ayant monté crescendo sur quelques mots, quand bien même il avait été surpris par ce fait, il ne réagit que lorsque son interlocuteur lui parla de sa superstition et du fait que ce ne soit pas trop lourd. Jetant un regard rapide à la croix noirâtre qu'il faisait tourner entre ses doigts non couvert par le pansement, il releva finalement la tête, tentant un sourire.

Se rappelant du BIP, il finit par se relever et attrapa le sac par les deux bretelles cassées, l'attirant vers lui. Se disant qu'à coup sûr s'il le soulevait par ces dernières le sac allait lui tomber sur les orteils, il adapta sa stratégie, saisissant le contenant par le col et le rabat qui le protégeait. A peine avait-il le cordon en main que sa poisse frappa de nouveau, s'amusant à lui jouer un autre tour. Le rabat lui resta dans la main après un 'CRAC' rapide et sec, le fermoir du cordon pesant de tout son poids entre les phalanges du garçon. En à peine plus de quelques secondes, le fermoir lâcha, provoquant l'envoi du poing de Kirie contre son front alors qu'il tentait de retenir le sac qui vint lourdement s'écraser sur ses deux gros orteils. Serrant les dents, plissant les yeux, le faux blond se mit patiemment à se frotter le front... Et allez ! Encore un bleu à venir !! Soufflant lentement, ses doigts se refermèrent sur l'ouverture et l'élargirent un peu alors qu'il dégageait ses pieds du poids. Grommelant, il secoua un peu la tête.


Je l'savais qu'j'aurais pas du me lever, je le savais !

Se rasseyant, il fouilla dans le sac, en sortant un convertisseur pour recharger son lecteur audio, planqué sous son sweat-shirt, une sardine qui s'était glissée jusque-là, un autre chargeur inconnu et un téléphone portable sur lequel un mot de sa soeur était collé, disant que c'était un cadeau de bonne chance... Ouais... Connaissant sa soeur, elle avait choisi un objet fait avec des matériaux trouvés dans le Triangle des Bermudes ou avait tenté un exorcisme dessus et l'avait raté... Consultant brièvement le message, il tomba sur un SMS publicitaire, type horoscope bas de gamme.

"Rien de mieux sous la pluie, restez enfermé chez vous et tenez-vous éloigné des fenêtres ou pots de fleurs cette semaine"... Moi qui avais cru une petite minute que tout allait s'arranger...

Posant le téléphone à une quinzaine de centimètres de lui, il se tourna vers Okuda-san, repoussant l'assaillant de toile sous le lit à barreaux. Avec tout cela, il ne lui avait toujours pas répondu. Se massant le front là où son propre poing avait laissé une marque, il finit par tenter une explication.

Qu'est-ce que je voulais dire ? Euh... Ah oui !

Voilà, on va dire que j'ai la poisse et que dans un rayon de deux mètres, je porte un minimum la poisse aux autres. Imagines... Pas facile d'avoir une conversation entre potes avec moi quand je suis en train de me tailler parce qu'un chien veut m'les bouffer alors qu'il a jamais mordu personne, que je doive esquiver des plantes en pots ou que j'attire les ennuis comme un aimant...

J'suis pas plus superstitieux que ça mais j'crois à la légende familiale et rien que ça, c'est pas encourageant... Parce que la poisse, on en a encore pour quelques générations !


Tendant un peu la croix noire qui pendait à son cou vers son interlocuteur, il enchaîna en énonçant un fait qui lui paraissait banal.

Celui-là c'est le dix-huitième, une croix en bois blanc au départ... La plupart des autres sont carrément cousus dans les fringues et ça marche un peu. Depuis que je les ai, j'évite les gros accidents genre piano ou chariot de supérette dans la tronche.

Gardant la main au front un instant, il l'abaissa pour tripoter son piercing à la lèvre... Depuis quand il l'avait déjà ? Oubliant ce détail, il regardait son interlocuteur puis se souvint de la sardine et la rangea dans la poche latérale du sac, avec les autres. Il allait devoir vite s'en débarrasser pour ne pas provoquer de mauvaises odeurs dans la chambre. Se grattant ensuite la tête, il était curieux d'en savoir un peu plus sur le compte de son colocataire qui, d'après ses dires, était dans son genre aussi un punching-ball humain.
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MessageSujet: Re: Chambre N°10 : Inuzawa Kirie et Okuda Yuji   Ven 18 Juil - 11:06

[Avec encore plus de retard que prévu. Je m'excuse, vraiment.]

Kirie ne répondit pas tout de suite. Il se leva et alla chercher son sac. Le BIP l'avait finalement alarmé lui aussi. Mais il ne s'écoula pas beaucoup de temps avant que l'objet, visiblement maudit, lui tomba sur les pieds tout en contraignant le jeune homme à se frapper lui-même. Vu de l'exterieur, le spectacle était des plus comiques et Yuji eut beaucoup de mal à se retenir de rire. Il avait hérité d'un colocataire bien amusant. Finalement, l'entreprise de ce dernier était peut-être une simple démonstration de sa dite poisse. Revenant rapidement sur les évènements passés dans la chambre depuis son arrivée, Yuji en arriva à la conclusion qu'en effet, l'élève n'était pas très chanceux. Car il était évident que ça ne relevait plus de la simple maladresse, Kirie avait été prudent en soulevant le sac, il l'avait tenu bien mieux que lui-même ne l'aurait fait, mais il s'était cassé tout seul, soudain pourvu d'une volonté.
Yuji n'osait rien dire. Même un “ça va?” lui semblait déplacé. Il préfera détourner les yeux, mimant celui qui n'avait rien vu. L'autre grommela un peu et se maudit d'avoir voulu se déplacer. Il se rasseya et osculta son téléphone portable quelques secondes puis, se retournant vers Yuji, se décida enfin à répondre.
Le brun n'avait pas bougé d'un centimètre, tournant simplement la tête pour suivre les déplacements de son colocataire. Il le regarda alors, anxieux de l'entendre à nouveau s'adresser à lui.

Kirie expliqua de manière étrange ce qu'était sa poisse. Au moment où il affirma porter malchance aux gens proches de lui, Yuji ne put s'empêcher de sourire légèrement. Peut-être que ça marchait comme en mathématiques, et qu'à eux deux, la poisse d'un côté, la maladresse de l'autre, ça annulerait le tout. Bon, pour l'instant cette théorie ne s'était pas vérifiée mais Yuji pouvait se vanter de n'avoir eu aucun soucis depuis son arrivée. L'image de quelqu'un fuyant des plantes en pot obligea Yuji à émettre une sorte de son se rapprochant d'un petit rire. Dans son imagination enfantine, c'était des plantes mutantes qui cherchaient à dévorer Kirie et l'idée là était plus effrayante que celle, réaliste, du chien. D'après ses dires, la poisse était de famille. C'était une sorte de malédiction, ou quoi?

Le blond lui montra l'une de ses amulettes. En fait, c'était une croix noire qui, apparemment, était blanche à l'origine. Lorsqu'il parla de gros accidents qui n'arrivaient plus à présent, Yuji eut une boule au ventre! Alors que les explications étaient plutôt amusantes, il commença à y croire vraiment. Il détourna les yeux, un peu gêné d'entendre parler de choses assez graves même si l'idée du piano était mignonne.


-Et... euh, pourquoi la croix est noire et plus blanche?

Yuji regarda avec une surprise évidente la sardine qui fut rangée dans le sac de son coloc'. Sinon, il n'osait pas vraiment parler de lui. Il appréciait les gens qui pouvaient se dévoiler, au moins un peu, mais lui n'avait pas l'habitude de raconter son histoire. Il préfera se taire, d'ailleurs persuadé que le blond n'en aurait rien à faire. Il se mordit un peu plus fort la lèvre, et sentit un goût cuivré dans la bouche. Il avait l'habitude avec ce tic idiot. Une légère odeur de transpiration flotta jusqu'à ses narines. Il plissa les yeux, contrarié à l'idée que ça provenait très certainement de lui, le voyage passé aidant. Un jour, son frère lui avait dit que ça, la voix, et les boutons s'arrêtaient assez tôt, vers 14ans peut-être. Qu'est-ce qu'il en savait, en réalité, quand on est aveugle, on peut pas voir la gueule acnéique qu'on traîne. Yuji était au moins passé à côté de ça. En fait, il ne transpirait pas tant que ça, seulement après des activités intensives. Non, vraiment, il esperait fortement n'avoir gardé que les changements de voix de la puberté.

- Euh... je vais bientôt aller prendre ma douche... Tu sais où elles sont?

Il se leva calmement et se dirigea vers son sac, à la recherche du nécessaire pour cette fameuse douche. Il sortit une large serviette d'un jaune moutarde.

- J'ai oublié mon gel douche!

Il se tapa le front du plat de la main. Voilà, la première chose qu'il aurait oublié chez ses parents. Bien sûr, cela en annoncerait beaucoup d'autre, connaissant le caractère étourdit du jeune homme. Yuji soupira. Il allait devoir demander à Kirie de lui en prêter, esperant que ce dernier ne l'enverrait pas promener, bien qu'il avait l'air suffisamment gentil pour lui en donner avec le sourire. Demander quelque-chose comme ça à quelqu'un qu'il ne connaissait que depuis quelques minutes rongea un instant l'estomac du jeune homme qui dû prendre une bonne respiration avant de se retourner vers Kirie et d'ouvrir la bouche:


- Je suis vraiment pas doué. Tu... euh... tu en aurais pour... m'en prêter?

Bien sûr, il irait en acheter. Il ne savait pas encore où mais il trouverait un endroit dans le coin où acheter ce foutu gel douche. Et puis, s'il devait rester là toute l'année, même s'il en avait amené, il aurait dû en racheter de toute manière. Oui, il devait y avoir une superette pas trop loin...
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