Pensionnat Ryuuketsu V2

Un pensionnat horrifique dans le Japon contemporain
 
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 ~° Appartements de Murazaki Nao °~

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Mizuno Sakiko
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MessageSujet: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Mer 23 Avr - 4:48

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La chambre de Murazaki Nao, future héritière de la famille, est baignée d'une lueur aussi douce qu'irréelle provenant de vitraux en guise de fenêtres. Non loin du grand lit à baldaquin deux places aux draps lourds se trouve une petite table en verre soutenant la plupart du temps chandelles et livres de chevet de la jeune fille. Une petite causeuse se trouve en face d'une table basse ovale, mais qui ne reçoit pas beaucoup de monde et est donc la plupart du temps encombrée de livres de toutes sorte et de son ordinateur portable. A l'autre bout de la pièce se trouve le bureau de Nao, où elle passe la majeure partie du temps en dehors de ses cours...

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Dernière édition par Mizuno Sakiko le Sam 14 Juin - 23:11, édité 1 fois
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Tsuujiru Esteban
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MessageSujet: 8 avril - Discussion nocturne   Sam 3 Mai - 20:13

Esteban inspira une longue bouffée de l'air chaud et encensé du couloir du deuxième étage avant de frapper à la porte imposante qui semblait sceller l'entrée des appartements de Nao Murazaki, la fille du directeur.

Elle avait décidé de lui rendre visite depuis quelques jours déjà, mais avait du remettre à plus tard son excursion dans les étages supérieurs en raison d'un travail de dernière minute que lui avait donné une junkee un peu trop dépendante.

La lycéenne avait l'autorisation exceptionnelle et honorifique de s'aventurer au deuxième étage réservé à la famille Murazaki.
Elle y montait quelquefois lorsque Nao n'était pas trouvable à la bibliothèque ou dans le manoir...autant dire qu'Esteban avait parfois l'impression de jouer à cache cache avec l'héritière.Cependant, étrangement, les quelques heures que la mathématicienne passait avec Nao se révélaient bien plus intéressantes que ce qu'elle avait envisagé au début, elle y distinguait presque un aspect attractif.
Nao Murazaki était le genre d'adolescente qui n'existait que dans les romans policiers... timide, avide de savoir, bien élevée, douce, sensible, et plus intelligente qu'une armée de scientifiques du CERN.Esteban qui ne voyait au départ en elle qu'une occasion de se rapprocher du directeur et d'apprendre certaines choses sur l'ile, avait développé pour l'enfant une certaine sympathie et une tendresse pudique pour cet oisillon fragile et emprisonné dans sa petite prison dorée.

Serrant sous son bras droit un épais volume d'une encyclopédie occidentale, elle songea aux cris de génisse qui avaient attisé sa curiosité lorsqu'elle était passée sur le palier du premier niveau; en effet, la rencontre entre les deux nouvelles colocataires ne s'était pas faite dans le calme et avait même dépassé les prévisions d'Esteban.
Un sourire dominateur passa furtivement sur son visage, le moment n'était pas venu pour elle d'intervenir entre les deux furies, malgré sa curiosité de voir comment Ryogi parviendrait à virer l'intruse, car elle en était sure, cette petite peste handicapée aurait le dessus sur une simple brute épaisse sans saveur comme Hime.

Reprenant une contenance et une attitude calme, elle se redressa en écoutant le silence de l'étage.
Ce silence dépassait le stade du gênant quand on ne le connaissait pas..c'était comme si ce couloir n'avait pas croisé âme qui vive depuis des décennies, et que les appartements habités ouvraient sur des secrets bien trop lourd.Certains petits téméraires qui avaient osé traverser l'étage sans permission avaient tous eu le malheur de rencontrer quelqu'un, quelque chose de terrifiant.Les autres avaient eu la chance de ne tomber que sur l'une des surveillantes ou Makkura( même si Esteban doutait que tomber sur Toboe Ira ou Sensai yin était une chance comparé à un être surnaturel).
Le grésillement pesant des appliques murales ajoutait au lugubre du manoir.
Non, décidément, Esteban n'était plus impressionnée par toute cette mise en scène.Ce pensionnat cachait quelque chose, (et le cachait très bien elle devait l'admettre) mais elle avait connu des maisons hantées plus persuasives que ce bâtiment.

La jeune fille toqua doucement mais avec assurance à la lourde porte de chêne de la chambre de Nao et patienta
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Murazaki Nao
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Sam 3 Mai - 20:58

"Bonsoir, Tsuujiru-sempai." Fit une voix fluette dans le dos d'Esteban.

Nao se trouvait derrière la jeune fille, immobile comme une minuscule petite poupée occidentale, sentiment rehaussé par ses grands yeux d'or inexpressifs et sa robe aristocratique à frou-frous d'un autre âge. L'enfant se tenait droite, quelques livres sous le bras, en plus d'un épais cahier de brouillon, tout juste en train d'enlever de ses oreilles ses écouteurs. Elle semblait avoir vaqué en dehors de sa chambre, bien que 20 h soit son heure habituelle de coucher en général.

Regardant Esteban avec un air surprit, Nao ouvrit la bouche en cœur, mais ne dit rien. L'analyse des probabilités de possibilités qu'allait lui donner Esteban sur sa présence lui prenait bien trop de ressource pour qu'elle se risque à parasiter cet élan réflectif. Au bout d'une bonne minute, l'héritière Murazaki ferma les yeux, et sur sa bouche se dessina un sourire aimable.


"Vous n'avez vraiment pas le temps n'est-ce pas, pourtant vous vous ennuyez."

Des paroles bien énigmatiques, mais Nao était persuadée qu'Esteban était sollicitée de partout, et pourtant que cela passait pour l'irriter parfois. La fillette tenta de l'apaiser d'un sourire, avant de chercher dans une des poches de sa robe ses clefs. Elle paraissait tout petite et modeste face à Esteban, si studieuse, une vraie petite fille modèle au tempérament accommodant et sans relief. Son attitude était courtoise, policée, quelque peu distante même avec les gens avec qui elle aimerait être proche, chose due à une éducation aristocratique sans faille. Nao semblait si parfaite qu'elle passait pour irréelle.

"Entrons voulez-vous, je suppose que vous le désirez. Nous serons bien plus à l'aise, sans nul doute. Si vous voulez bien me suivre."


L'irréel petit génie apparu comme un fantôme passa devant Esteban, ouvrant d'un tour de main la lourde porte, la faisant grinçer en l'ouvrant, et se mettant sur le côté, pour laisser entrer son invitée en première. Irréprochable attention. Irréprochable courtoisie. Irréprochable Nao.

Pas un seul faux pas.
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Tsuujiru Esteban
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Dim 4 Mai - 0:24

"Bonsoir, Tsuujiru-sempai."

Esteban tourna brusquement la tête vers son interlocutrice, resserrant avec force l'étreinte qu'elle exerçait sur son encyclopédie.Elle ne pensait pas croiser la jeune Nao dans le couloir, surtout à cette heure...
Elle salua brièvement l'adolescente d'un hochement de tête avant de lui rendre son salut.

"Bonsoir Nao-San"

Esteban sourit pudiquement à la jeune fille qui lui arrivait à peine au niveau du sternum et la fixa poliment pendant un instant.
Sa petite taille combinée à l'abondance de détails et de falbalas de sa robe lui donnait l'aspect d'une petite lady d'un autre siècle, perdue sous ses trop nombreux jupons, étouffant dans la flanelle.Pourtant ce style vestimentaire lui allait plus que bien..comme un anachronisme charmant.
La hackeuse avait du mal à cerner le comportement de nao et elle détestait celà, elle ne parvenait pas toujours à comprendre si sa mélancolie était bien réelle ou simplement feinte par méfiance.Elle en avait déjà parlé avec Sumeragi..Quoi qu'il en soit, Nao attisait la curiosité de la jeune femme et elle avait vite réalisé que cette curiosité était réciproque.


"Vous n'avez vraiment pas le temps n'est-ce pas, pourtant vous vous ennuyez."


Esteban ne dissimula pas sa surprise, elle en le faisait que rarement lorsqu'elle côtoyait Nao Murazaki, considérant leurs échanges comme un jeu de miroirs.C'était donnant donnant avec Nao et elle ne parviendrait jamais à percer sa carapace d'enfant trop bien élevée si elle se contentait de se montrer elle aussi "parfaite".Ainsi, même si la jeune Murazaki n'en avait pas conscience, elle était l'une des rares personne à connaître la facette "presque détendue" de la jeune métis.
Elle écarquilla légèrement ses yeux gris nuit et baissa le menton en signe de reconnaissance.
Nao semblait exprimait comme de la compassion dans cette déclaration, et la surdouée acquiesça au fait qu'elle était effectivement souvent occupée..

"Je n'ai pas même le temps de m'ennuyer ici, Murazaki-san"

Esteban s'engagea la première dans la vaste chambre de Nao, ne manquant pas à l'occasion de détailler furtivement la pièce d'un rapide regard circulaire, ses yeux habitués aux traquenards traquant avec une habitude professionnelle le moindre détail enclin à être suspect.Elle croisa ses bras contre sa poitrine, l'épais et vieux livre entre ses poignets et son thorax, et se retourna gracieusement vers la douce et tristement inexpressive Nao-san.
Même si c'était contre toutes les règles de bienséance, Esteban tutoyait la fragile adolescente depuis presque toujours, pas par mépris ou esprit de supériorité, simplement par égard envers elle.Nao était son égale, et elle avait clairement reçu des directives du proviseur lorsqu'elle avait été engagée comme "professeur particulier" : engager la fille de Akio Murazaki à se lier avec d'autres êtres humains.
La jolie faussaire n'aurait jamais supporté qu'on la regarde de haut étant donné son intellect et sa vivacité d'esprit, alors elle évitait de faire à Nao ce qu'elle exécrait qu'on lui fasse.Ce qui ne l'empechait pas de s'adresser à elle avec la plus grande politesse et les meilleures manières.

Je dois avouer que je ne m'attendais pas à te trouver hors de ta chambre à une heure pareille.Je craignais même de te réveiller.

Elle marqua une pause et inspira l'air beaucoup plus frais de la pièce par rapport au couloir.la jeune femme déposa avec soin son précieux livre bien au centre de la table basse et se redressa pour faire face à son hôte trop parfaite.
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Murazaki Nao
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Dim 4 Mai - 2:02

"Je n'ai pas même le temps de m'ennuyer ici, Murazaki-san."

"Il y a une forte probabilité que ce soit réciproque vous savez."


Nao avait toujours cette drôle de façon de parler de manière mathématique même de la plus anodine des choses. Elle était selon les mauvaises langues une simple calculatrice capable d'émotions, ne connaissant la vie qu'au travers des encyclopédie. La dernière chose n'était pas fausse, puisque vivant recluse, comme emmurée vivante, à cause de son statut d'héritière et de surdouée qui l'éloignait des autres, bien plus âgés qu'elle. Elle laissa Esteban entrer dans la pièce, s'amusant gentiment du soin qu'elle apportait à l'inspection de sa pièce de vie. Il commençait déjà à faire nuit, et les premier rayon de lune baignaient déjà la pièce dans une ambiance quelques peu sépulcrale. Nao regarda Esteban s'assoir à la table basse et y déposer son lourd livre. L'air était en effet bien plus frais que dans le couloir, et la fillette prit le temps de l'apprécier, avant que de se diriger vers son bureau, pour ouvrir un tiroir et y déposer ses livres et son cahier. Elle déposa ses écouteurs sur le bureau, puis se tourna machinalement vers son invitée. Il y avait une théière et deux tasse, comme si Nao avait pressenti la venu de la faussaire...

"Je dois avouer que je ne m'attendais pas à te trouver hors de ta chambre à une heure pareille. Je craignais même de te réveiller."

Nao ne s'était jamais offusqué qu'Esteban la tutoie, bien au contraire. C'était agréable à vrai dire, une nouveauté excitante et rafraîchissante dans ce monde qui lui confisquait la proximité et la facilité. L'enfant surdouée se leva pour se servir une tasse de thé, avant que de sortir une petite boite en fer blanc, contenant une dizaine de pilules : Verapamil, diurétiques, anti-coagulants, anti-spasmodiques, inhibiteur calcique... un cocktail médicamenté auquel elle devait la vie, depuis sa plus tendre enfance...

"Je n'arrivais pas à dormir, une question me taraudant l'esprit, je suis donc allée dans la bibliothèque de cet étage pour savoir. Bien que je connaissais la théorie de la métempsycose, une chose me chiffonnais : ses différences avec la métensomatose et ses applications Pythagoriennes. C'est intéressant de voir comme spiritualité et mathématiques se rejoignent. C'est fantastique ce que j'ai pu comprendre."

L'enfant prit une nouvelle gorgée de thé, faisant passer toutes les pilules avec une habitudes consommée. Elle reprit la théière, se penchant vers Esteban en lui demandant ainsi tacitement si elle en voulait. La parfaite petite hôte.

"La métempsychose par analogie avec psychose, du bas latin metempsychosis, signifiant "déplacement de l'âme" est une croyance selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps humains et d'animaux, ainsi que de végétaux. La métensomatose, quant à elle, désigne le passage d'un corps à un autre, et non d'une âme qui va d'un corps à un autre ; le bouddhisme croit à la métensomatose, puisque c'est une religion où l'âme n'existe pas, tandis que l'hindouisme croit à la métempsycose. L'âme a une réalité dans l'hindouisme : l'âme individuelle doit se fondre dans l'âme cosmique -c'est-à-dire, Dieu, immanent et absolu- afin de se dégager du cycle des renaissances, alors que dans le bouddhisme, l'âme doit s'éteindre dans la vacuité, pour ne plus se réincarner. C'est fascinant je trouve!"

Nao était difficile à suivre, parlant de concepts divers dogmatiques avec la rapidité d'un gamin excité dans un magasin de jouets. C'était étonnant pour n'importe qui, mais Esteban commençait certainement à s'y faire. C'était là bien le seul moment où Nao se permettait un visage plus enfantin, bien que ses sujets d'excitation n'avait rien d'enfantins, eux.

"C'est une théorie approuvée, même si fantaisiste, ou du moins peu scientifique. Plusieurs religions ont fait de la métempsycose un dogme fondamental, comme le brahmanisme ou le catharisme. Les druzes y croient également comme les Yézidis. Le bouddhisme est parfois classé parmi les religions utilisant la métempsycose, bien qu'il prône l'absence d'âme immortelle. Les écrits bouddhiques utilisent en fait un concept sensiblement différent, couramment traduit en "renaissance" pour faire plus simple. La métempsycose était également au centre des enseignements de l'école pythagoricienne. C'est ce qui me passionne le plus, ce principe là dans la vie Pythagorienne, ça sonne si juste... "

C'est alors que Nao rougit violemment, se rendant compte qu'elle noyait Esteban dans des détails surement insipides. Elle hocha de la tête pour s'excuser, confuse. D'un seul coup, le silence le plus pur régnait dans la pièce, baigné des rayons de la lune. La lumière était faible, car Nao aimait à s'éclairer à la bougies, renforçant l'aspect étrange du lieu.

"Sumimasen, Tsuujiru-sempai, quand je commence à parler de cela, je ne m'arrête plus... que m'apportez vous?"

Malgré sa grande timidité, et surtout sa honte d'avoir encore agit comme une encyclopédie vivante et ennuyeuse, on sentait dans la voix de Nao un grand intérêt pour le livre que lui ramenait Esteban. Elle était comme cela, avide de connaissances, toujours et encore...
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Tsuujiru Esteban
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Lun 5 Mai - 1:43

Esteban s'était installée face à Nao, assise bien droite sur le petit sofa, la lueur froide et mystique de la lune lui caressant la nuque.Elle observa avec une attention particulière mais polie le balai des petites pilules de vie que l'adolescente avalait avec résignation, comme on boit sa tasse de café le matin.Une habitude comme une autre qui rappelait à chaque fois à Esteban la chance qu'elle avait de ne pas souffrir d'une telle maladie.
Elle se pourrissait au travail par choix et elle s'en félicitait.
Bien des fois, l'albinos avait sourit de la comparaison entre elle et Nao, l'une était détruite de l'intérieure contre son gré, inexorablement attirée vers la mort, tandis que l'autre semblait prendre un malin plaisir à jouer avec la sécheresse de son âme, à volontairement creuser son cœur par l'avarice comme on joue avec une poupée de son.

Malgré les dires, et la difficulté qu'avait Esteban à lire dans l'attitude de la jeune fille, elle ne la voyait pas comme une calculatrice ou un rat de bibliothèque exsangue.Elle l'observait souvent, tiraillée entre l'envie de découvrir la véritable Nao Muraaki par elle même, et la curiosité notable de lui poser directement les questions qui la titillaient depuis trois années.

Mais Esteban Tsuujiru n'était pas le genre de jeune femme à laisser parler ses impulsions.A croire qu'elle n'avait pas d'impulsions, et que chacune de ses émotions était calculée, identifiée, réfléchie et analysée avant d'être exprimée.La tempérance presque machiavélique et la qualité de réflexion de la mathématicienne donnait souvent froid dans le dos à ceux qui savaient ce dont elle était capable.


"Je n'arrivais pas à dormir, une question me taraudant l'esprit, je suis donc allée dans la bibliothèque de cet étage pour savoir. Bien que je connaissais la théorie de la métempsycose, une chose me chiffonnais : ses différences avec la métensomatose et ses applications Pythagoriennes. C'est intéressant de voir comme spiritualité et mathématiques se rejoignent. C'est fantastique ce que j'ai pu comprendre."

La jolie jeune femme inclina légèrement la tête sur le côté, dévisageant avec un fort intérêt Nao, tandis que celle ci semblait à peine ouvrir le scellé de son cœur.
Elle ne parut et n'était pas surprise de la ferveur avec laquelle la jeune fille s'entrainait dans le récit de son inquisition dans le monde de la spiritualité bouddhiste.Elle se pencha en avant et posa son menton sur le dos de ses deux mains jointes, prenant appui sur ses coudes posés sur les genoux.Elle écoutait avec une attention non feinte son "élève" tout en hochant quelques fois la tête , approuvant la jeune fille.
Elle avait elle même parfois étudié les croyances des différentes religions, mais son éternel scepticisme et son indéniable penchant pour le cartésien l'avaient bien souvent ramenée sur des études plus scientifiques et rationnelles de la chose.

Esteban souleva sa tasse pour laisser son hôte la servir comme le devait l'étiquette, puis se redressa .

La métempsycose était également au centre des enseignements de l'école pythagoricienne. C'est ce qui me passionne le plus, ce principe là dans la vie Pythagorienne, ça sonne si juste...

La hackeuse rangea l'une de ses mèches colorées derrière son oreille, faisant tinter sa boucle d'oreille au passage, et sourit, amusée de la gêne de Nao.Elle ressemblait à une enfant qu'on venait de surprendre en train de discuter avec son ami imaginaire.
Les yeux gris acier intraitables d'Esteban brillaient d'une lueur perturbante.
Elle laissa échapper un petit rire cristallin, ce qui n'était pas son habitude, ayant une voix plutôt grave..pas une voix de basse gutturale non, mais un timbre suave et doux.

"Sumimasen, Tsuujiru-sempai, quand je commence à parler de cela, je ne m'arrête plus... que m'apportez vous?"




"Oh non, ne t'arretes pas Nao-san, c'était très intéréssant!Je ne pensais pas te voir t'orienter vers un tel sujet, mais je vois que tu es très portée sur la spiritualité en ce moment, et le choix des Pythagoriciens est un heureux hasard, étant donné ce que je t'ai apporté"


Elle joint le geste à la parole, en caressant du bout des doigts la couverture usée de l'ouvrage qu'elle avait déposé sur la console peu de temps auparavant.Ses yeux étaient brillants, comme quand on découvre un trésor et qu'on explique sa signification.

"C'est un ancien volume traitant du Banquet de Platon, qui traite du rapport entre les mathématiques et la philosophie, ou plus exactement, le rapport entre les mathématiques et leur aide dans la quête de la Sofia.. mais c'est un peu trop facile s'il était en japonais, alors je t'ai ramené le mien, qui est.."

Esteban souleva la reliure,et présenta une page ouvragée, couverte de caractères occidentaux.Pas de Kanjis dans ce livre..

"En Allemand. J'aime beaucoup cette phrase qu'il a dite pour résumer son état d'esprit : "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre".d'après lui, les mathématiques permettaient de passer du sensible à l'intelligible, et donc de passer dans le domaine de l'hypothétique.Par conséquent, une fois que l'on maitrise les mathématiques, on peut espérer, par hypothéticodéduction, aspirer à tendre vers la sofia, c'est à dire, profanement, le savoir, la sagesse.
Je me suis dit que cela pourrait t'intéresser de confronter le point de vue de Platon à celui des Pythagoriciens qui voyaient les chiffres comme des choses, comme des le langage pur du cosmos.."


Esteban poussa doucement le livre vers Nao pour l'inviter à s'en saisir; ravie au préalable de la réaction qu'elle aurait.
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Murazaki Nao
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Lun 5 Mai - 3:48

(HRP : Désolé pour ce post très long et peut-être un peu ronflant, mais la petite semble en train de développer une idée personnelle, alors je met tout. Trie surtout, c'est un peu chiant d'y répondre.)

"Oh non, ne t'arrêtes pas Nao-san, c'était très intéressant! Je ne pensais pas te voir t'orienter vers un tel sujet, mais je vois que tu es très portée sur la spiritualité en ce moment, et le choix des Pythagoriciens est un heureux hasard, étant donné ce que je t'ai apporté."

A cet instant les yeux de Nao étaient ceux étincelants d'une enfant de son âge. Esteban était sa compagne de jeu. Elle emplissait sa vacuité. C'était aussi simple que cela. Il n'y avait qu'à voir la lueur dans leur yeux, posé sur la grand livre relier, pour voir que ces deux-là vivaient un moment privilégié, où elles se permettaient un peu d'ôter leurs carapaces respectives. La fille du directeur reprit cependant plus de sérieux en regardant son "professeur" ouvrir le livre comme s'il s'agissait d'un coffre au trésor. Pour Nao c'était bien le cas. Etudier la transformait en Ganimède, Sophocle, Marco Polo ou autres Philolaos de Crotone. Apprendre était simplement... sa raison d'être. La petite fille sage écouta son aînée attentivement, mais son esprit vaqua un instant à autre chose : le soulagement qu'Esteban ne lui en demande pas plus sur sa sortie de la nuit. Car oui, ce soir elle avait étudier la métensomatose, mais la nuit était bien remplie... Nao sourit à la jeune fille, d'un air pur et innocent, comme à son habitude. Ses dires avaient été suffisamment précis et éloquent pour que l'esprit d'Esteban élude certains paramètres et se consacre à l'étude. C'était mieux ainsi. Surement plus pour Esteban que pour Nao. On a tous des choses à cacher.

"C'est un ancien volume traitant du Banquet de Platon, qui traite du rapport entre les mathématiques et la philosophie, ou plus exactement, le rapport entre les mathématiques et leur aide dans la quête de la Sofia.. mais c'est un peu trop facile s'il était en japonais, alors je t'ai ramené le mien, qui est..."

Nao retint son souffle lorsqu'Esteban tourna les pages. Elle ne put s'empêcher de se pencher dessus, découvrant avec bonheur l'obscure langue de Goethe. Obscure pour la majorité des japonais, pas pour elle bien sûr, ni pour Esteban.


"En Allemand. J'aime beaucoup cette phrase qu'il a dite pour résumer son état d'esprit : "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre".d'après lui, les mathématiques permettaient de passer du sensible à l'intelligible, et donc de passer dans le domaine de l'hypothétique.Par conséquent, une fois que l'on maitrise les mathématiques, on peut espérer, par hypothéticodéduction, aspirer à tendre vers la sofia, c'est à dire, profanement, le savoir, la sagesse.
Je me suis dit que cela pourrait t'intéresser de confronter le point de vue de Platon à celui des Pythagoriciens qui voyaient les chiffres comme des choses, comme des le langage pur du cosmos."


Il ne fallut pas longtemps à l'enfant modèle pour comprendre le geste d'Esteban. Cependant, une drôle de pudeur, peut-être encore un peu de timidité, lui faisait se triturer les doigts comme une enfant en bas âge qui n'ose pas prendre un jouet de peur de le casser. Elle finit par s'en saisir toutefois, avec un timide sourire de remerciement à son aînée, pour le feuilleter. Nao ne connaissait pas très bien Platon, et on pouvait dire que pour le moment, sa connaissance de l'école Pythagorienne était bien faible. Enfin faible pour Nao, c'était du niveau scolaire dernier cycle... disons "trop académique", et pas assez réfléchi par soi-même.

"Je ne connais pas trop bien, mais je crois avoir une petite idée... Sur ce que vous dites, les mathématiques apportent la connaissance, et la connaissance le bonheur... cela dit c'est un peu facile, vous ne trouvez pas? La grand science civilisatrice. Et comment les mathématiques définissent l'illimité, la vacuité? Le tout et le rien, soit l'infini et zéro, ne sont pas des chiffres Pythagoriens... ça me perturbe.. surtout la vacuité, Tsuujiru-san..."

Nao sembla perdue un moment dans d'inextricables pensée. Elle réfléchissait là sans filets, avec sa seule intelligence, sur un sujet qu'elle ne maitrisait pas encore parfaitement, mais cet exercice lui apportait plus que n'importe quelle leçon apprise par cœur. En outre, elle venait de réfléchir au sujet, et désirait faire partager ses impressions à Esteban.


"Hm, je sais que je pars totalement sur autre chose... Ano... Le monde est constitué d’atome en nombre infini, distingués par la grandeur, la forme et la puissance. Si on peut les classer, on ne peux les compter, et cette impossibilité ne nous empêche pas d'utiliser ces atomes. Ca c'est l'idée cartésienne, je sais que vous êtes une grande cartésienne Tsuujiru-san. Cependant ce dont je vais vous parler n'est pas de ce domaine."

Elle se racla la gorge et bu une autre gorgée de thé, rassemblant ses pensées. Certes elle était intelligente, extrêmement pragmatique, mais loin d'être cartésienne. Pourquoi donc? Parce qu'elle savait. Elle avait comprit plutôt. Mais la question de la vacuité l'obsédait n réalité depuis bien des années... et un autre sujet amené par le Banquet de Platon.

"Quand je pense à la vacuité, ça me parle de l'absence. Les gens pensent que l'absence fait souffrir... que la nullité est mauvaise. Dans le bouddhisme, la vacuité des choses, désigne leur absence d'être en soi, autrement dit l'inexistence de toute essence, de tout caractère fixe et inchangeant. Elle s'applique aux choses aussi bien qu'aux pensées et aux états d'esprits. En fait, je crois... que c'est une chose très difficile à comprendre et à définir. La meilleure définition est, à mon avis, "interdépendance", ce qui signifie que toute chose dépend des autres pour exister. Tout est par nature interdépendant et donc vide d'existence propre. Les choses existent mais pas de la manière dont elles nous apparaissent, pas en soi... Je pense."

L'enfant se laissa un instant pour achever sa lecture accéléré du Banquet. Elle connaissait très peu cet ouvrage, mais se souvenait de deux trois détail, qui l'aideraient dans sa roue libre de réflexion. La petite fille était plus qu'intelligente, elle était spirituelle, capable d'une réflexion personnelle, au delà de tout ce qu'elle avait pu lire, remettant toujours les choses en question, inlassablement.

"La vacuité est une étape nécessaire, mais non suffisante. Elle est destinée a être dépassée. C'est comme une sorte de... de vide ou de trou caractéristique d'un développement insuffisant de la conscience. Il vaut donc mieux ne pas s'y attarder, ou bien on risque de s'y perdre sans remède. C'est tout et c'est rien. C'est le moment de l'attente, sans commencement ni fin. Ca m'obsède. Je me sens comme vide justement, et je dois emplir cette vacuité, la dépasser. Sans attachement il n'a pas de craintes, il n'y a pas de sentiments... Je m'égare je crois."


Nao se tut un long moment. Elle vivait dans un monde de vacuité, ou rien ne se forme réellement, ou rien n'est détruit. Elle vivait dans une sorte de stase, comme si son enfance ne finirait jamais, comme si elle ne deviendrait jamais une femme. Nao ne se sentait pas femme, et encore moins petite fille, et pas du tout de sexe féminin. Elle ne souffrait de rien; même pas de sa maladie. Cependant, elle avait envie de s'attacher, d'avoir peur, d'avoir des amis, de plus en plus. D'emplir sa vacuité. Pour la première fois depuis qu'elle venait lui enseigner diverses choses, Esteban put voir dans les yeux de Nao de l'incompréhension. L'enfant était perdue.

"Il me semble que le Banquet parle aussi de la nature et les qualités de l’amour. Il y a une partie qui énonce que le principe qui doit inspirer les hommes qui cherchent à vivre comme il faut, c'est l'amour. Et l'amour donc, est un consentement mutuel comme une opposition En musique on réalise un accord par une opposition entre l'aigu et le grave : la musique crée l'amour mutuel alors, dans l'ordre de l'harmonie et du rythme... c'est une science des phénomènes de l'amour?"

Visiblement malgré toute son intelligence, c'était là un sujet obscur pour Nao. Pas à cause de son âge, elle était suffisamment intelligente et cultivée pour avoir dépassé la gêne de parler de l'amour ou de la copulation, ni même de son éducation, car pour elle la connaissance était plus importante que l'éducation. Cependant, elle semblait perdue, sur le point de comprendre mais incapable de comprendre.

"L'amour est important parce qu'il fait dépasser la vacuité? Pourtant bien des gens finissent totalement vidés de leur passion après.. je ne comprend pas bien. Vous êtes surement plus expérimentée que moi sur ce sujet-là, Tsuujiru-san. Je me demande si quand j'en aurais l'âge, cette chose comblera la vacuité dans laquelle j'ai le sentiment de vivre. La Sofia peut-il combler ce vide? Qu'est ce qui est le mieux?"
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Mar 6 Mai - 13:08

Esteban était toujours appuyée sur ses coudes, et écoutait avec une attention presque démesurée les réflexions de Nao.
Peu à peu, la jeune fille s'était redressée en arrière, puis au contraire penchée en avant sous l'effet de la surprise.Elle ne cilla pas un seul instant et garda son regard plongé dans celui de l'adolescente.

Elle distingua rapidement la gêne, ou plus exactement comme une sorte d'embarras naissant chez Nao.Elle semblait s'égarer dans un domaine qui la passionnait autant qu'il lui était étranger.elle tâtonnait, mettait toutes ses connaissances au travail pour éluder les mystères qui se présentaient à elle.Et Esteban devait bien l'admettre, c'était la première fois qu'elle perçait dans le regard infaillible de Nao une lueur d'incompréhension.
Cependant elle laissa la jeune héritière creuser le fond de son idée et laisser le flot d'hypothèses se verser entre elles deux, comme on glane tout les outils qu'on a sous la main, et qu'on fait le bilan sur l'utilité de chacun d'eux face à un problème trop grand pour soi.

"La vacuité est une étape nécessaire, mais non suffisante. Elle est destinée a être dépassée. C'est comme une sorte de... de vide ou de trou caractéristique d'un développement insuffisant de la conscience. Il vaut donc mieux ne pas s'y attarder, ou bien on risque de s'y perdre sans remède. C'est tout et c'est rien. C'est le moment de l'attente, sans commencement ni fin. Ca m'obsède. Je me sens comme vide justement, et je dois emplir cette vacuité, la dépasser. Sans attachement il n'a pas de craintes, il n'y a pas de sentiments... Je m'égare je crois."

A cet instant précis, Esteban comprit qu'elle avait provoqué chez Nao quelque chose qu'elle attendait depuis des mois, et si elle avait du être franche, elle n'était pas venue pour ça ce soir là.Elle n'avait jamais envisagé saisir une telle opportunité ce soir là.Elle se retint de se mordre la lèvre inférieure.Pour une fois qu'elle avait décidé de faire quelque chose pour Nao et pas pour elle, il fallait qu'elle obtienne ce qu'elle voulait.
Nao s'ouvrait à elle et Esteban commençait à peine à percer sa carapace.
Ses interrogations étaient touchantes d'autant plus qu'elles étaient cohérentes et compréhensibles.Néanmoins la hackeuse se ressaisit, on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre c'était bien connu, et elle ne voulait pas devenir une mouche.Elle était inlassablement attirée par le génie de Nao, comme un papillon par un lumière plus puissante que la lune qu'il admire d'habitude, et elle était attendrie par la cruelle fatalité de cette pauvre Nao.Pas apitoyée, car Esteban ne se permettait pas de ressentir un tel sentiment pour des personnes d'aussi grande valeur, juste attendrie.
Quel dommage, quel gâchis, quelle tristesse...

La jolie jeune femme déglutit en silence et se redressa bien droite sur le sofa.Elle avait depuis longtemps attendu ce genre de conversation, elle voulait que Nao lui explique certaines choses, mais il fallait lui expliquer comment s''ouvrir pour qu'elle puisse "s'offrir".Elle sentait bien que Nao n'attendait que ça : ressentir de nouvelles choses, apprendre la vie, sentir, toucher, voir ce qu'on lui avait presque sadiquement épargné sous prétexte de la protéger.
Alors Esteban fit ce qu'elle n'aurait jamais fait avec quelqu'un d'autre, elle fit preuve d'autant de "franchise" qu'elle en était capable.
C'était comme aux échecs, il fallait sacrifier les pions pour faire avancer la partie...

"Tu dis que sans attachement il n'y a pas de crainte, pourtant j'ai comme l'impression que toi même, qui te dis si..vide.. crains ta propre vacuité.Le problème n'est pas l'attachement, mais la connaissance de ce sentiment.Peut on vraiment souffrir de quelque chose dont on ignore tout?Techniquement non. Techniquement, comme tu le dis, la vacuité n'ets qu'une étape vers un pallier supérieur.Mais toi tu n'es pas vide, pas dans le sens où tu l'entends tout du moins.Car tu as conscience de ces sentiments, mais la problème, c'est que tu ne les as jamais réellement expérimentés comme tu le souhaiterais, et c'est cette envie, ce désir d'avancer qui te vide."

C'était presque cruel, mais c'était une vérité et Esteban savait que Nao en avait pleinement conscience.On lui demandait son avis,et voir un esprit aussi fort torturé, Esteban ne le voulait pas.

"L'amour est important parce qu'il fait dépasser la vacuité? Pourtant bien des gens finissent totalement vidés de leur passion après.. je ne comprend pas bien. Vous êtes surement plus expérimentée que moi sur ce sujet-là, Tsuujiru-san. Je me demande si quand j'en aurais l'âge, cette chose comblera la vacuité dans laquelle j'ai le sentiment de vivre. La Sofia peut-il combler ce vide? Qu'est ce qui est le mieux?"

Esteban souleva ses sourcils alcalins dans une expression mystérieuse.Dans un instant bref et éphémère elle songea à cette peste de Sumeragi et ce qu'elle aurait répondu à Nao "Oh les hommes se feront un plaisir de combler toutes tes vacuités dès que possible ma chérie".Un humour salace peu adéquat et sans aucun intérêt qui allait tellement bien avec son infecte petite personne.
Elle réfléchit à ses expériences "amoureuses" et hocha furtivement la tête de droite à gauche pour chasser cette notion de son esprit.L'amour.. elle n'avait jamais aimé.La passion et l'amour étaient deux choses bien différentes, et sa nature scientifique faisait bien la part des choses et ce depuis qu'elle avait sept ans.
Elle avait bien évidemment connu un certain nombre d'hommes, et pas des plus repoussants au contraire, mais ne s'était jamais autorisé à "aimer", d'ailleurs aucun de ses partenaires n'avait été assez bien pour elle.Un éclair de son passé lui traversa l'esprit, une bribe de ses souvenirs qu'elle avait classée comme indésirable et s'interdisait à revisiter.Merde!pourquoi ça revenait sur le tapis ça?!

La lycéenne ferma les yeux et les rouvrit, l'esprit neuf.Ses chimères n'étaient pas invitées ce soir.
Elle rapprocha ses deux mains collées côté contre coté, rejoignant ainsi ses deux index levés, pour mimer une union.

"Dans le banquet de Platon, il est énoncé une idée selon laquelle à l'origine des temps, chaque être vivant était composé de deux personnes.Des êtres vivants avec deux têtes, quatre bras et quatre jambes.Cela pouvait être un homme et une femme, mais aussi une femme et une autre femme ou encore un homme et un autre homme.Et depuis leur séparation, chaque être humain recherche son autre moitié.Son "âme soeur"..
D'autres philosophes quant à eux ont beaucoup parlé de l'incompatibilité entre la passion et la Sofia, où au contraire la nécéssité de connaître l'un pour accéder à l'autre.
Ce que je peux te dire, c'est que la Sofia ne remplacera jamais l'amour, pas plus que l'amour ne remplacera la Sofia.
C'est une notion populaire que de penser que rien ne vaut l'amour, la force de ce sentiment partagé.On dit d'ailleurs qu'on est "comblé" lorsqu'on est aimé en retour, seulement voilà, comme tu le dis, beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont été dévastés par leur amour, se sont brulé les ailes à voler trop près de leur passion."


Elle marqua une pause, reprenant son souffle et pesant ses mots.Fallait il transformer cette innocente Nao, qui rêvait d'ésotérisme, de magie et de connaissance, en une autre Esteban, qui n'attendait pas l'amour et cultivait celui de l'argent plus que toute autre chose au monde?
Elle fixa avec intensité la jeune fille qui était passé du blanc alcalin au rouge pivoine, serrant le livre à l'origine de ce débat dans le creux de ses bras trop fragiles pour supporter la réalité d'Esteban.Mais on ne mentait pas à Nao.
Alors Esteban reprit.

"Alors bien sur, l'amour, ce sentiment si bizarre et si envié, te remplit tout entière, en mal ou en bien, tout dépend de celui ou celle que tu aimes, de ce que tu reçois en retour et même simplement de ton caractère, mais il est certain qu'une fois envolé, il laisse un vide plus grand encore que cette vacuité que tu cherches tant à combler.Ce qui est étrange, c'est que ce vide n'est pas le même; c'est un vide "plein".Ce n'est ni l'infini ni le zéro absolu..c'est un temps,un espace qui a été et n'est plus sauf au fond de toi.un champ de bataille qui a connu le bien comme le mal.
Oui, on peut dire que l'amour comblera le vide que tu ressens.Mais il fera aussi s'envoler beaucoup d'illusions.Je suis une personne pleine de désillusions Nao-san. je n'ai pas la science infuse et ne suis pas comblée par l'amour, alors prends ce que je t'ai dit avec beaucoup de précisions."


Esteban lui sourit maternellement, mais les commissures de ses lèvres révélaient comme une menace. une menace implicite qui la mettait en garde de ne pas la suivre dans son état d'esprit sans y avoir bien réfléchi.
elle attendit la réaction de Nao avant de continuer et d 'aborder le véritable sujet : "Et toi Nao, quand ouvriras tu la porte de ta cage pour découvrir ce que tu étudies tant?"
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Mar 6 Mai - 16:41

(HRP : Désolée pour la longueur de fou, va falloir que je me calme. 'A pas peur. x) )

Nao s'en voulait d'être aussi manipulatrice consciemment. Elle se livrait à moitié, non pas pour comprendre, ou alors pas en premier lieu, mais bel et bien pour écorcher la carapace cartésienne d'Esteban. C'était comme une partie d'échec où il fallait sacrifier ses pions pour se mettre échec au Roi, ou une guerre romaine où les beaux Hoplites en premières lignes devaient mourir pour que passent les vétérans. Nao cherchait à entendre la franchise d'Esteban, cette chose dont tout les gens la croient dépourvue, cette chose qui, peut-être, inexorablement, lui révèlerait ses faiblesses. Mais pour ce faire, l'héritière des Murazaki devait lever un de ces voiles. Mais ce n'était pas bien grave comme sacrifices, car elle était plus voilée qu'une danseuse perse de l'antiquité. Lorsqu'elle vit la Hackeuse déglutir et se redresser sur le sofa, Nao comprit qu'elle avait bien joué son premier coup, et que son bel Hoplite n'était pas mort en vain.

"Tu dis que sans attachement il n'y a pas de crainte, pourtant j'ai comme l'impression que toi même, qui te dis si..vide.. crains ta propre vacuité.Le problème n'est pas l'attachement, mais la connaissance de ce sentiment.Peut on vraiment souffrir de quelque chose dont on ignore tout?Techniquement non. Techniquement, comme tu le dis, la vacuité n'est qu'une étape vers un pallier supérieur.Mais toi tu n'es pas vide, pas dans le sens où tu l'entends tout du moins.Car tu as conscience de ces sentiments, mais la problème, c'est que tu ne les as jamais réellement expérimentés comme tu le souhaiterais, et c'est cette envie, ce désir d'avancer qui te vide."


Esteban marquait un point : peut-on souffrir de ce que l'on ne connaissait pas? Nao avait déjà la réponse, mais accorda à la jolie albinos qu'elle touchait un domaine compliqué avec brio. Son raisonnement était parfaitement cohérent, et même plutôt intéressant. Nao le prit comme un conseil pour avancer dans sa vie. Cependant, il lui fallait à présent tuer un des Hoplites d'Esteban. C'était aussi cruel que ce que venait de faire la Hackeuse, et de loin pas une guerre, mais se bercer d'illusions est anti-cartésien.

"Je pense que l'on peut souffrir de ne pas connaitre quelque chose, comme quelqu'un qui n'a jamais connu l'amour, à côté d'une personne qui l'a connu et perdu, ou qui l'a connu et décide de s'y fermer. C'est comme une femme stérile et une femme qui a fait une fausse couche, c'est un lot de souffrance inqualifiable en nombres Pythagoriens."


Bien que non-cartésienne, Nao était dans ses propos toujours d'une grande neutralité et pragmatisme. Elle avait petit à petit pâlit pour retrouver son teint diaphane, qu'éclairait la lueur falote de la lune et qui lui donnait un côté éthéré, hiératique... comme une statue. Aux réactions d'Esteban, son silence, le fait qu'elle ferme et ouvre les yeux pour faire le vide à l'instar d'un programme informatique que l'ont redémarre, l'enfant remarqua un trouble. Echec au Roi. Mais Esteban allait facilement se dégager, ce n'était qu'une manœuvre de collégienne que venait de faire Nao, juste pour diriger le débat non pas sur l'emplissement de sa vacuité, mais vers un sujet inconnu pour Esteban également, histoire d'être au même niveau que Nao. C'était passionnant de discuter avec Tsuujiru, vraiment, et cela emplissait très simplement sa vacuité.

"Dans le banquet de Platon, il est énoncé une idée selon laquelle à l'origine des temps, chaque être vivant était composé de deux personnes.Des êtres vivants avec deux têtes, quatre bras et quatre jambes.Cela pouvait être un homme et une femme, mais aussi une femme et une autre femme ou encore un homme et un autre homme.Et depuis leur séparation, chaque être humain recherche son autre moitié.Son "âme soeur"..
D'autres philosophes quant à eux ont beaucoup parlé de l'incompatibilité entre la passion et la Sofia, où au contraire la nécéssité de connaître l'un pour accéder à l'autre.
Ce que je peux te dire, c'est que la Sofia ne remplacera jamais l'amour, pas plus que l'amour ne remplacera la Sofia.
C'est une notion populaire que de penser que rien ne vaut l'amour, la force de ce sentiment partagé.On dit d'ailleurs qu'on est "comblé" lorsqu'on est aimé en retour, seulement voilà, comme tu le dis, beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont été dévastés par leur amour, se sont brulé les ailes à voler trop près de leur passion."


Nao hocha la tête, car elle était parfaitement d'accord. Cela dit, elle prit la parole, ajoutant ses précisions et son jugement. La fillette avait retrouver sa flegme étrange et légendaire, parlant lentement, avec application dans la réflexion, mais un timbre neutre, à nouveau impersonnel et détaché.

"Oui, c'est le principe du Mythe de l'Androgyne, l'amour parfait. Cette théorie platonicienne est présentée par le personnage d'Aristophane. Au commencement, les êtres humains étaient d'un seul sexe : hermaphrodite. Ayant provoqué la colère des dieux, ils furent punis par Zeus qui les sépara chacun en deux moitiés, formant les êtres humains actuels. Depuis cette séparation cruelle, ceux-ci n'ont de cesse de retrouver leur moitié, ce qui explique le phénomène amoureux. Mais je pense plutôt que ce n'est qu'une explication du phénomène de l'accouplement, de l'attirance entre mâle et femelle non? "

Elle réfléchit un instant, extrêmement silencieuse. La machine parfaitement huilée qu'était son cerveau était en branle.

"Mais votre idée sur les âmes sœurs explique le phénomène d'interdépendance que propose la vacuité Bouddhiste. Mais cela voudrait alors dire qu'inlassablement, jusqu'à ce que nous trouvions cette "moitié qui nous manque", nous ne sommes que des moitié de personne incomplètes, et donc pour trouver le bonheur, nous devons trouver notre âme sœur, obligatoirement. Hors vous connaissant vous n'aimeriez pas cela. Amour et Sofia sont incompatible car ils se tuent l'un l'autre, mais nous en avons besoin des deux pour vivre certainement. Cela dit je crois que je préfère la Sofia, elle est plus contrôlable. L'amour transforme sans idée, aveugle et rend parfois obtus : par l'amour, mon frère à souffert, à été mené par le bout du nez. Aujourd'hui il est un champ de bataille où plus rien de concret ne pousse, parce que l'amour a salé ses terres. Je choisi la Sofia, et je sais que vous aussi, car nous sommes basiquement dans notre nature, vous et moi, semblables par notre envie de garder le contrôle sur toutes choses, en particulier sur nous-même."

Echec à la Reine, dépassement, reportement, nouvel échec au Roi, avec moins de possibilité de se dégager du piège. La pièce préférée de Nao? C'était le Cavalier. Et en effet, elle se permit de se montrer cavalière à Esteban, bien plus intime qu'avant. Elle n'avait pas le choix, le temps était venu des confessions. Celles d'Esteban, bien sûr. L'albinos marqua une pause, puis reprit :

"Alors bien sur, l'amour, ce sentiment si bizarre et si envié, te remplit tout entière, en mal ou en bien, tout dépend de celui ou celle que tu aimes, de ce que tu reçois en retour et même simplement de ton caractère, mais il est certain qu'une fois envolé, il laisse un vide plus grand encore que cette vacuité que tu cherches tant à combler.Ce qui est étrange, c'est que ce vide n'est pas le même; c'est un vide "plein".Ce n'est ni l'infini ni le zéro absolu..c'est un temps,un espace qui a été et n'est plus sauf au fond de toi.un champ de bataille qui a connu le bien comme le mal.
Oui, on peut dire que l'amour comblera le vide que tu ressens.Mais il fera aussi s'envoler beaucoup d'illusions.Je suis une personne pleine de désillusions Nao-san. je n'ai pas la science infuse et ne suis pas comblée par l'amour, alors prends ce que je t'ai dit avec beaucoup de précisions."


Et Nao enchaina donc, sans laisser aucun temps mort. C'était maintenant que les vétérans devaient entrer en scène, maintenant et pas après, après il serait bien trop tard, et toute sa construction n'aurait servi à rien d'autre que de s'ouvrir à Esteban. Mais c'était déjà pas mal. Mais cela ne suffisait pas à Nao qui voulait comprendre également "qui était la véritable Tsuujiru Esteban", comme visiblement Esteban voulait, et l'enfant le comprit plus nettement à son discours, connaitre qui était la véritable Murazaki Nao.

"Le vide laissé par l'amour est une absence, et l'absence n'est pas la vacuité, car elle a un jour été. C'est un manque. J'entend bien ce que vous me dites Tsuujiru-san, c'est très intéressant. En effet l'amour apporte le bien comme le mal, car il est un domaine d'émotions où la raison n'a que peu de place. En fait c'est une simple visiteuse en somme. L'amour est tout comme la Sofia, un des moyens par lequel nos âmes s'entretiennent. Je comprend aussi ce que vous dites en parlant de vous, bien que je pense que cela soit partiellement éroné, si vous voulez bien excuser mon audace. Vous parlez de désillusions, mais le domaine de l'illusion n'a pas de place pour un cartésien. Je prend grand soin de ce que vous me dites, mais je pense que vous n'êtes pas satisfaite par l'amour car en bonne cartésienne vous le rejetez, car il est selon vous du domaine de la faiblesse, et votre côté scientifique vous empêche d'aimer, comme pour vous protéger. Enfin... je ne sais pas, c'est ce que m'inspire vos dires, vos attitudes et vos expressions... excusez mon impolitesse, je ne prétend pas vous connaître mieux que vous..."

Nao se courba un peu en une sincère révérence d'excuse, ayant peur de s'être montrée impolie ou trop téméraire. mais l'esprit humain était fascinant, et encore plus celui d'Esteban, qu'elle définissait comme étant typiquement celui d'une Tsundere (fille à fort caractère qui cache ses sentiment). Elle eut un sourire comme une excuse, un peu penaud, et termina son discours avec une voix douce, au timbre adulte. Nao n'était plus une enfant, même si son apparence le criait. En fait, elle n'en avait jamais été une. Elle n'avait pas eut le choix.

"Je suis vide comme une feuille vierge, un ouvrage à peine construit car je suis jeune. Vous êtes pareille, et non pas un programme informatique. Nous sommes des scientifiques certes, mais nous sommes humaines. Et certes je me sens comme une Pinnoccio au féminin qui cherche à devenir une "vraie petite fille"mais de votre côté, vous êtes comme une Aphrodite qui viendrait de naître d'Ouranos et de l'océan, et qui voit le monde en ouvrant sa coquille St Jacques. Mais ce que vous voyez vous effraye et donc vous vous renfermez sous votre coque d'émail scintillante. Tsuujiru-san, nous sommes différentes des autres, mais nous sommes quelques part sensiblement pareilles. Vous êtes une sculptrice, une sorte de Pygmalion en herbe prête à créer une superbe statue. Rappelez vous que ce ne sont pas les ciseaux du tailleur qui font la statue, mais sa passion."


Dans un élan coupable, Nao rajouta :

"Mon père est Pygmalion, et je suis sa Galatée. Je suis parfaite pour lui, éloignée des femmes sodomites et indécentes, mais je ne suis encore qu'une statue. C'est Pygmalion qui créa Gatalée, mais c'est Aphrodite qui lui donna vie, en en faisant une humaine, une femme."


Rien de plus vrai dans son esprit que cette dernière tirade, pourtant elle était sensiblement la plus douloureuse à dire. Elle s'était bien rendu compte qu'elle parlait de Pygmalion et Galatée, et que cela parlait d'une notion d'amour qui appliqué à son père et elle, était inconvenante. Intérieurement, Nao priait pour qu'Esteban ne cherche pas à creuser l'erreur de langage qu'elle venait de commettre en idées saugrenues. D'un autre côté, elle venait de la comparer à Aphrodite, non pas sur une question de beauté mais pour l'histoire de la coquille. Et c'était Aphrodite qui avait donné la vie à Galatée, et elle s'était définie comme Galatée, la statue qui allait devenir femme. Que de lourds sous-entendus... voulus ou pas? Comment Esteban allait-elle accuser la vision de Nao, et ses comparaisons qui pouvaient paraitre malhabiles?

Echec et mat? maintenant? Et pour qui?

*Je suis sa Galatée...*
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Mar 6 Mai - 20:46

(HRP : Désolée pour l'intervention, juste le retour RP du SMS. Je ne veux pas vous couper dans votre jeu.)

Le téléphone portable d'Esteban dans sa poche. Le son du vibreur résonna plusieurs secondes avant de s'arrêter, car ce n'était qu'un SMS. Sur l'écran était inscrit :


Citation :
"NOUVEAU MESSAGE DE :

Fugu-Kun (S.R)


Pov' pute. Agnia.

PS : Ramène toi dans le salon aussi vite que tu peux, j'ai une nouvelle cliente pour sa sale face. Et je risque fort d'oublier si j'attend trop longtemps.

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Tsuujiru Esteban
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Ven 9 Mai - 16:51

[HRP: Oh mon dieu mais faut vraiment que je me calme sur mes posts O_o Désolée trie trie trie..je suis un peu trop longue u__u ]


Nao avait retrouvé sa pâleur habituelle ainsi que sa tendance à articuler lentement, choisissant avec un soin méticuleux ses mots.Dans la lueur spectrale de la lune, ses prunelles brillaient d'une lueur d'intelligence extraordinaire.
C'était toujours intéressant de discuter avec Nao, mais Esteban avait bien réalisé que l'entrevue prenait,ou plutôt, avait pris, depuis un certain moment une tournure bien différente que celle d'une simple discussions éthique.
La partie était lancée, et l'enjeu de ce soir était bien plus gros que d'habitude.
Ce défi plaisait à Esteban, elle se sentait à la hauteur, mieux que ça, elle se savait capable de remporter la partie sans trop de dégâts. certes, l'adolescente était une adversaire, ou peut être une partenaire, de taille, mais il s'agissait de Tsuujiru esteban et de Nao Murazaki.
La lycéenne avait quelque chose que Nao n'avait pas, pas suffisamment tout du moins : une connaissance du jeu de dupes qui dépassait la théorie.Elle avait de l'expérience, l'expérience du terrain, et une intégrité inexistante.

C'était palpitant. et agréable aussi.Echec.L'albinos s'était mise en danger, et avait laissé sa sympathie pour l'héritière suinter trop abondamment, c'en était presque pathétique venant de la hackeuse la plus influente de l'ile.Nao était effectivement mignonne, douce, subtile, brillante..le miroir aux alouettes. Et sans prendre gare on pouvait vite sombrer dans le jeu, se retrouver à se confier plus que l'on ne l'avait prévu.
Il était temps de commencer la véritable partie.

"Mais votre idée sur les âmes sœurs explique le phénomène d'interdépendance que propose la vacuité Bouddhiste. Mais cela voudrait alors dire qu'inlassablement, jusqu'à ce que nous trouvions cette "moitié qui nous manque", nous ne sommes que des moitié de personne incomplètes, et donc pour trouver le bonheur, nous devons trouver notre âme sœur, obligatoirement. Hors vous connaissant vous n'aimeriez pas cela. Amour et Sofia sont incompatible car ils se tuent l'un l'autre, mais nous en avons besoin des deux pour vivre certainement. Cela dit je crois que je préfère la Sofia, elle est plus contrôlable. L'amour transforme sans idée, aveugle et rend parfois obtus : par l'amour, mon frère à souffert, à été mené par le bout du nez. Aujourd'hui il est un champ de bataille où plus rien de concret ne pousse, parce que l'amour a salé ses terres. Je choisi la Sofia, et je sais que vous aussi, car nous sommes basiquement dans notre nature, vous et moi, semblables par notre envie de garder le contrôle sur toutes choses, en particulier sur nous-même."


Un pas en avant, un pas en arrière..
Esteban et Nao étaient peut être semblables, mais plus dans leur précautionneuses manière d'avancer que dans leur perception de la vie et de l'amour.Esteban aimait la connaissance parce qu'elle se savait intelligente et qu'elle s'amusait au sens le plus propre à jouer avec les nombres comme d'autres tapent dans une balle.Peut être, sans le savoir, elle était passionnée dans ce qu'elle faisait.D'ordinaire la jeune femme se refusait toute passion, le seul écart qu'elle faisait était pour les échecs, et cultivait ses forces avec une patience à rendre malade tout individu normalement constitué.
La Sofia..pfff, c'était bien joli, mais ça ne valait pas le pouvoir qu'on pouvait en tirer.

Je comprend aussi ce que vous dites en parlant de vous, bien que je pense que cela soit partiellement éroné, si vous voulez bien excuser mon audace. Vous parlez de désillusions, mais le domaine de l'illusion n'a pas de place pour un cartésien. Je prend grand soin de ce que vous me dites, mais je pense que vous n'êtes pas satisfaite par l'amour car en bonne cartésienne vous le rejetez, car il est selon vous du domaine de la faiblesse, et votre côté scientifique vous empêche d'aimer, comme pour vous protéger. Enfin... je ne sais pas, c'est ce que m'inspire vos dires, vos attitudes et vos expressions... excusez mon impolitesse, je ne prétend pas vous connaître mieux que vous..."


A peine Nao eut elle incliné l'échine que Esteban réalisa l'audacieuse décision qu'avait pris la jeune Murazaki.Oui, elle était bien la digne fille de son père, trop intelligente..Esteban l'avait bien jugée, c'était une joute plus que divertissante, mais le faux pas était souvent fatal lors de ce type de jeu.Elle soupira intérieurement, la partie se corsait, Nao avait pris un petit avantage en s'avançant de la sorte dans un sujet aussi épineux pour elle que pour son hôte.Elle avait tracé son chemin et les confessions n'allaient pas dans le sens désiré.La ravissante pirate ne douta qu'un bref instant de son attitude: avait elle lâché trop de mou?S'était-elle trop épanchée?Non, elle était trop douée pour courber le dos juste à cause d'une simple "fourchette". (La fourchette est une technique d'échec qui consiste en une menace de deux pièces adverses simultanées, en général à l'aide d'un cavalier.)

Esteban rétorqua aussitôt, sans lui laisser le temps de relever les yeux.

"Je ne rejette pas l'amour Nao-san, il ne se présente tout simplement pas à moi.Et quand, en de rares occasions il m'apparait, la réciprocité des sentiments n'est malheureusement jamais là.Et comme tu le dis, en bonne cartésienne, je sais que moins et plus donnent toujours moins.Inutile alors de perdre mon temps ou de gâcher celui de mon partenaire dans une relation vouée à l'échec.Le jeu n'en vaut pas la chandelle.Tout du moins pas encore.L'amour n'est pas une question de recherche d'une quelconque satisfaction, car si l'on recherche la satisfaction, cela ne retourne plus de l'amour mais de l'avarice, ou plutôt de la gourmandise.Quoi qu'il en soit, la satisfaction n'arrive que lorsqu'on a supplanté l'égoïsme de la désirer dans une relation de couple."

Son ton était calme, légèrement monocorde et elle articulait doucement, sur le rythme de la conversation.Il n'était pas question d'expliquer à Nao quoi que ce soit, juste partager un point de vue.
Gambit.

"Je suis vide comme une feuille vierge, un ouvrage à peine construit car je suis jeune. Vous êtes pareille, et non pas un programme informatique. Nous sommes des scientifiques certes, mais nous sommes humaines. Et certes je me sens comme une Pinnoccio au féminin qui cherche à devenir une "vraie petite fille"mais de votre côté, vous êtes comme une Aphrodite qui viendrait de naître d'Ouranos et de l'océan, et qui voit le monde en ouvrant sa coquille St Jacques. Mais ce que vous voyez vous effraye et donc vous vous renfermez sous votre coque d'émail scintillante. Tsuujiru-san, nous sommes différentes des autres, mais nous sommes quelques part sensiblement pareilles. Vous êtes une sculptrice, une sorte de Pygmalion en herbe prête à créer une superbe statue. Rappelez vous que ce ne sont pas les ciseaux du tailleur qui font la statue, mais sa passion.Mon père est Pygmalion, et je suis sa Galatée. Je suis parfaite pour lui, éloignée des femmes sodomites et indécentes, mais je ne suis encore qu'une statue. C'est Pygmalion qui créa Gatalée, mais c'est Aphrodite qui lui donna vie, en en faisant une humaine, une femme."

Esteban aimait rendre visite à nao pour parler longuement avec elle.Ses allusions et ses références étaient toujours idéalement appropriées à la situation, et ses réflexions penchaient souvent vers la sincérité.Choisir un mythe tel que celui de Pygmalion était élégant quoique traitre.Un peu trop même.
Néanmoins la jeune fille ne laissa rien paraitre.Elle ne se laissa également pas aller à se gonfler l'égo quant à sa comparaison avec Aphrodite.Elle n'avait pas la bassesse de croire que Nao voyait en elle une déesse de la beauté.L'allusion était plus fine et par ailleurs bien moins élogieux.
Elle s'imagina un instant enfermée dans une coquille, à observer jalousement la vie des profanes qui vaquaient naïvement au grand jour.Mauvais coup pour la petite Nao, Esteban avait une carapace, bien plus épaisse qu'on ne le pensait et qu'elle ne l'imaginait elle même, mais certainement pas constituée de crainte.Son intelligence la protégeait autant qu'elle était l'outil de son arrivisme démesuré.
Ainsi donc Nao était Galatée...cette image avait déjà traversé l'esprit de la jeune femme auparavant.L'enfant parfaite modelée avec passion par son créateur, aveuglé par sa passion pour sa création.Une création unique, dévouée à lui seul pour toujours. la matérialisation de tout ses espoirs.
Dans cet aspect, les deux jeunes filles se ressemblaient beaucoup plus que Nao ne l'aurait jamais imaginé.

Mais jamais, au grand jamais, Esteban n'aurait employé le mythe de Galatée pour définir l'éducation qu'elle avait reçue de ses parents.Pygmalion aimait Galatée, comme sa création oui, mais plus encore comme on aime une femme, comme on désire une femme.Il voulait la toucher, la chérir comme on enlace son amante.Pas comme on caresse son enfant. Cette idée provoqua un certain nombre de réaction chez l'albinos, qui se contint avec une habileté imposant le respect. nao avait elle volontairement laissé échappé une allusion grosse comme une maison?Jouait elle un habile mais grossier coup d'échec?
Silence allait s'installer lorsque le téléphone de Esteban vibra.Elle baissa les yeux vers sa poche droite, puis adressa à Nao un regard coupable et désolé.

"Je n'ai vraiment pas le temps alors...Excuses moi Nao-san, je regarde juste si c'est important.."

Plus important que cette discussion?Elle en doutait.Avant même d'avoir ouvert le clapet de son mobile elle était certaine de savoir de qui venait le message.Elle avait aussi la certitude que le sms contiendrait au moins une insulte...
Citation :

"NOUVEAU MESSAGE DE :

Fugu-Kun (S.R)


Pov' pute. Agnia.

PS : Ramène toi dans le salon aussi vite que tu peux, j'ai une nouvelle cliente pour sa sale face. Et je risque fort d'oublier si j'attend trop longtemps.



Esteban se permit un sourire franc et sarcastique.Ryogi Sumegari était très certainement en train d'arpenter les couloirs à sa recherche, prête à l'éviscérer sur place.

"Une cliente pour moi?Tu crois vraiment pouvoir me faire avaler une anguille aussi épaisse?je n'ai pas de temps de perdre avec tes colères puériles Fugu-kun..Tu vas devoir attendre.Petite peste grossière et arrogante comme tu es tu trouveras surement de quoi t'occuper..."
Songea-t-elle en rangeant son téléphone dans sa poche.
Elle prenait un malin plaisir à acculer Ryogi, qui le lui rendait bien, et parfois de manière extrêmement cruelle.Elles devaient être un peu masochistes toutes les deux.Ce qui était sur c'est qu'aucun n'élève n'oserait jamais se mettre à dos les deux plus anciennes élèves de Ryuuketsu.ils se rangeaient toujours d'un côté comme de l'autre, plus par désespoir ou par défaut que par réel choix.Et c'était les services d'Esteban qu'on venait chercher pour tenter de bloquer la moissonneuse qu'était Ryogi.

La jolie jeune fille adressa un sourire mélancolique à Nao; et tout en désignant le volume trop gros pour une adolescente aussi fluette qu'elle tenait toujours sur ses genoux.

"Alors?Il te plait? Il à l'air de réveiller des interrogations qui ne datent pas d'hier dans tous les cas."

La partie n'était pas finie, et Esteban savait qu'elle ne se terminerait ni ici ni ce soir.
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Sam 10 Mai - 4:36

"Je ne rejette pas l'amour Nao-san, il ne se présente tout simplement pas à moi. Et quand, en de rares occasions il m'apparait, la réciprocité des sentiments n'est malheureusement jamais là.Et comme tu le dis, en bonne cartésienne, je sais que moins et plus donnent toujours moins. Inutile alors de perdre mon temps ou de gâcher celui de mon partenaire dans une relation vouée à l'échec. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. Tout du moins pas encore. L'amour n'est pas une question de recherche d'une quelconque satisfaction, car si l'on recherche la satisfaction, cela ne retourne plus de l'amour mais de l'avarice, ou plutôt de la gourmandise. Quoi qu'il en soit, la satisfaction n'arrive que lorsqu'on a supplanté l'égoïsme de la désirer dans une relation de couple."

Nao ne dit rien. Elle réfléchissait, encore et toujours, et se sentit le besoin de se lever et de trottiner un moment pour porter sa réflexion. Ce jusqu'au lit, où elle s'assit. La scène eut soudain une allure vraiment étrange, voir lugubre, car l'enfant assise au bord du lit avait les jambes trop courte pour que ses pieds touchent le sol, et dans sa robe d'un autre âge, silencieuse comme un pantin, elle avait une allure horrible, celle d'une poupée aux grands yeux d'ambre, fixant Esteban sans qu'aucune parole de sorte de sa bouche, son visage grave comme de cire, semblant soudainement bien plus âgée. Baignée de la lumière sépulcrale de la lune, Nao ressemblait soudainement plus à un objet, une statue, qu'un être humain.

"La satisfaction n'arrive que lorsqu'on en a supplanté le désir? Il y a une note de vacuité dans vos dires, mais je commence à mieux saisir. de toute façon on est libre et heureux que lorsqu'on se défait du désir. Non en fait ce n'est pas de la vacuité, c'est un état de profonde quiétude, découlant de l’absence de tout trouble ou douleur. C'est l'ataraxie. Il faut viser la suffisance à soi ainsi la douleur provenant du manque est supprimée."


Nao baissa un instant la tête, sans rien dire, comme en train de se recueillir, puis regarda Esteban.


"Grâce soit rendue à la bienheureuse Nature qui a fait que ce qui est nécessaire est aisé à obtenir, tandis que les choses difficiles à se procurer ne sont pas nécessaires."

La fillette avait cité Epicure comme un véritable dictionnaire parlant. Sans la moindre émotion. Elle ne paraissait en cet instant plus une gamine de 13 ans, mais une sorte de poupée au savoir phénoménal. Elle baissa juste la tête en signe de consentement lorsque Esteban lu son message sur son portable, regardant sa propre chambre d'un coup d'œil panoramique. C'était quand même assez lugubre ici, même au goût de l'héritière Murazaki. Lorsque Esteban lui sourit, Nao sourit en retour; mais le sourire de l'adolescente avait toujours quelque chose de triste, assez inexplicable. Elle regarda le gros livre sur ses genoux, soupirant d'aise.

"Alors?Il te plait? Il à l'air de réveiller des interrogations qui ne datent pas d'hier dans tous les cas."


"Beaucoup, pourrais-je vous l'emprunter? En échange, servez-vous donc dans la bibliothèque, cela me ferait réellement très plaisir de vous prêter quelque chose. Ha ces questions là... elle sont en moi depuis toujours, et y demeureront très certainement."


Nao sourit plus sincèrement. Elle avait vraiment envie de prêter quelque chose à Esteban, comme un échange de connaissances, mais aussi pour qu'elle revienne. C'était aussi pour la petite un gage d'amitié. Son sourire demeura sur son visage, mais fut plus appuyé, réellement mignon comme celui d'une enfant modèle.

"Merci de ce que vous faites, Tsuujiru-Sempaï."
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Tsuujiru Esteban
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MessageSujet: Re: ~° Appartements de Murazaki Nao °~   Jeu 15 Mai - 1:14

Esteban observa avec un sérieux déconcertant la jeune fille qui s'était levée, comme pour mieux laisser aller et venir ses idées ainsi que ses interrogations.L'adolescente, si petite, si mince, d'apparence si fragile, arpenta la chambre pour finir par s'assoir sur le lit bien trop grand pour elle.
Si il ne s'était pas agit de Nao, Esteban aurait très certainement poussé un soupir courroucé de mépris, elle ne tolérait pas ceux qui se donnaient un genre, surtout un genre gothique.
Mais Nao n'était pas comme cela; elle ressemblait naturellement à une poupée, fantomatique comme une princesse déchue, bien trop polie pour oser se faire remarquer, posée là, sur la couette de satin, attendant qu'on la remarque.Même ses yeux ambrés perdaient un peu de leur éclat ainsi épargnés par la lueur des bougies.

Esteban était restée assise sur le divan, droite, le menton calé dans sa paume droite, ses yeux vifs et intraitables détaillant son hôte avec précaution.l'ambiance tendait presque vers le glauque..

"Grâce soit rendue à la bienheureuse Nature qui a fait que ce qui est nécessaire est aisé à obtenir, tandis que les choses difficiles à se procurer ne sont pas nécessaires."


A son tour, Esteban se releva, et se dirigea vers la fenêtre, sans quitter la maitresse des lieux des yeux.Citer Epicure...c'était de bonne guerre, et la phrase trouvait parfaitement son contexte en cet instant, néanmoins Esteban était tout sauf Epicurienne.En effet, cette idée de ne vivre qu'avec le plus simple, l'inné, l'accessible...elle n'abordait pas la vie comme cela, et ne pensait pas que Nao l'aborde ainsi non plus.
Les choses difficiles à se procurer étaient intéressantes à posséder de par le défi qu'elles vous offraient.Un obstacle, rien de plus.La vie était un parcours d'obstacles, et chacun choisissait sa voie selon ses forces et sa volonté.On naissait avec des acquis, la suite n'appartenait qu'a nous seuls d'en faire ce qu'on voulait.Et Esteban prenait un malin (et malsain) plaisir à utiliser ses capacités afin de se hisser le plus haut possible.elle grimpait jusqu'en haut des plus hauts obstacles afin d'obtenir les plus futiles choses de la vie qui vous amélioraient le quotidien.
Certains appelaient ça "du beurre dans les épinards", la jeune femme, elle y voyait une source de pouvoir et un moyen d'acquérir tout ce qu'elle désirait, peu importe que cela soit nécessaire, utile ou vital.Si Esteban le voulait, et si c'était dur à avoir, il y avait un intérêt à se battre pour l'obtenir.

La surdouée revint sur ses pas, silencieusement, comme un chat, et secoua doucement la tête afin de dégager de son visage, quelques mèches rebelles posées sur ses paupières poudrées de vert citron.
Son regard acier liquide coula vers Nao, qui lui rendait son sourire dans un élan spontané mais profondément mélancolique.

"Beaucoup, pourrais-je vous l'emprunter? En échange, servez-vous donc dans la bibliothèque, cela me ferait réellement très plaisir de vous prêter quelque chose. Ha ces questions là... elle sont en moi depuis toujours, et y demeureront très certainement."


L'opportunité de pouvoir emprunter un ouvrage dans la bibliothèque célèbre et très privée de la famille Murazaki ne se présentait pas aussi souvent, et esteban réalisa aussitôt l'honneur et le privilège que lui faisait ainsi Nao. Etait-ce un piège?Une main tendue pour mieux la poignarder ensuite?Observer ce qu'elle ferait de l'ouvrage emprunté?Bien évidemment il ne fallait surtout pas délaisser cette hypothèse, mais Nao semblait réellement reconnaissante.
La lycéenne éprouva un plaisir réservé aux érudits et aux scientifiques, un plaisir peu commun et que les néophytes caractériseraient de dérisoire et aberrant.Le plaisir d'avoir à portée de main des connaissances désirées, foisonnantes et encore inconnues.Cependant Esteban ne voulait pas se précipiter, et choisir trop vite, et son éducation ainsi que son bon sens l'empêchaient de s'introduire dans les appartements privés du maître du manoir à une telle heure, tout du moins pas de cette manière.

De plus, le message de Ryogi trottait toujours dans la tête de la ravissante pirate.C'était évident que Ryogi n'avait pas de cliente pour Esteban, mais il était temps pour elle de s'éclipser car la discussion se tarissait entre Nao et elle, et il valait mieux se retirer avant de tarir prématurément la conversation.Elle était trop précieuse pour la gâcher à cause d'un malheureux et maladroit écart.Ce n'était que partie remise, les deux mathématiciennes le savaient.
La jeune fille écarquilla plus ou moins sincèrement les yeux d'amusement et elle agita gracieusement la main comme pour chasser une idée baladeuse.

"Bien sur que tu peux le garder voyons! Je ne l'ai pas apporté pour te l'agiter sous le nez et repartir avec. C'est un vieux volume un peu poussiéreux mais je sais qu'en bonne théoricienne tu apprécies les ouvrages qui ont une histoire et cette encyclopédie allemande a vu défiler bien des choses.Je te la confies avec plaisir, tu sauras en prendre soin, rapporte le moi quand tu t'en seras lassée."


"Merci de ce que vous faites, Tsuujiru-Sempaï."

Esteban récupéra sa tasse sur la table basse, termina son thé, et se redressa.Elle adressa un véritable sourire un peu triste à Nao et s'inclina brièvement devant elle.

"Ne me remercie pas Nao-san.Je ne fais que ce que je considère être le mieux pour toi...et pour moi.Comme tu l'as dit je n'ai pas de temps, alors si vraiment je m'ennuyais avec toi, je ne perdrais pas de mon si précieux temps ici, avec toi.Je suis venue ici de mon propre gré."

Elle marqua une pause et reprit

"Merci beaucoup pour ta proposition, ça me fait très plaisir, c'est un honneur de pouvoir envisager emprunter un ouvrage de votre bibliothèque, mais il se fait tard, je ne voudrais pas abuser de ton temps de sommeil et je ne voudrais pas choisir un livre par précipitation....
Et puis.......un petit chat échaudé m'attend dans le salon."


Elle ne put retenir un sourire en coin qui ne présageait rien de bon pour le dit chat.Puis, après avoir remercié encore une fois Nao Murazaki, elle s'avança vers la porte pour prendre congé.
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